A l'initiative du pape François, ce 25 juillet sera consacré à la première "Journée Mondiale des grands-parents et des personnes âgées". Force est de constater que l'évènement risque de passer plutôt inaperçu cette année en raison des règles de confinement et des conséquences des inondations. Cependant, des pistes sont à explorer pour nous relier à nos aînés.
Prêter attention aux seniors "cela devrait se faire tous les jours" relevait Christian Deduytschaever, à la fin de la célébration de dimanche dernier, alors qu'il annonçait la Journée Mondiale qui leur est dédiée. Un petit tour d'horizon dans quelques maisons de repos et auprès de prêtres nous fait voir la réalité des choses: certes il est important de tisser du lien mais "il y a beaucoup de freins", relève Christian Deduytschaever qui célèbre des messes au Ban Eik (à Wezembeek-Oppem) mais aussi en maisons de repos. Il ne sera donc guère évident de mettre concrètement les aînés à l'honneur pour cette première Journée Mondiale. En effet, de nombreux grands-parents sont en vacances et leurs petits-enfants partis aux camps. François Lagasse de Locht est curé de la paroisse St-Joseph, à Wezembeek-Oppem mais officie aussi à la Cité de l'Amitié. Les personnes âgées qui y vivent ont rarement la chance de se mettre au vert. Ces seniors-là "seraient tellement heureux de recevoir de l'attention", dit-il.
Dès lors, autour des célébrations de dimanche prochain, chacun est invité à poser un regard de tendresse - thème choisi cette année pour cet évènement - sur les aînés qui l'entourent.
Démarrer la réflexion lors des célébrations
Les vacances ne sont peut-être pas le moment le plus propice pour réunir toutes les générations autour de cette thématique. Cependant, les deux prêtres contactés considèrent que "c'est peut-être le bon moment de fêter autrement, alors que les jeunes générations sont absentes". Christian Deduytschaever veut saisir l'occasion d'offrir un cadre différent: les enfants étant absents, il voudrait alerter sur les besoins de personnes à visiter. Dans sa tête germe donc l'idée d'un "brainstorming" sur les besoins, attentes et solutions pour la célébration de dimanche prochain. Il espère bien sûr pouvoir donner des suites concrètes à ce moment de réflexion. "Cette première journée sera peut-être l'occasion de poser un jalon pour réaliser quelque chose de plus concret à la fin des vacances", renchérit François Lagasse. Secoué comme tant d'autres par les inondations et les efforts à concentrer sur la solidarité, il se dit en tout cas inspiré par la question de célébrer les grands-parents et personnes âgées. "En ce 25 juillet, le comité des aînés sera certes plus réduit lors de la messe mais, dit-il, sera informé de cette journée qui leur est dédiée puisque la messe de la paroisse St Joseph est enregistrée et peut-être vue où que l'on soit." Il y voit donc l'occasion donc de rappeler, grâce à la retransmission par internet, que nos aînés ont leur place dans la société et dans nos cœurs.
Tendresse et stabilité
Cette longue période de confinement a mis à mal les actes de tendresse. Les personnes âgées en ont été privées, et le sont encore beaucoup. Ne pouvoir ni recevoir ni donner par précaution sanitaire nous oblige à réinventer ce qui peut réunir les êtres et les générations. "La tendresse peut devenir une manière d'être" rappelait le cardinal Farrell, préfet du Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie, lors de l'annonce de cette première Journée Mondiale.
Echanger de la tendresse renforce. Or, qui dit "force" pense "stabilité". François Lagasse voit les grands-parents - réels ou de substitution - comme un pilier de stabilité. Il tient à mettre cet aspect en évidence lors de la célébration du 25 juillet. D'autre part, personnellement, en tant qu'aumônier des scouts et guides de sa paroisse, il se considère aussi un peu comme leur "grand-père spirituel". Il se réjouit donc de participer aux cérémonies des promesses qui auront lieu aux camps. C'est aussi une façon de partager et transmettre ses valeurs.
Tisser les liens au quotidien
De nombreux seniors vivent en maisons de repos. Certaines, à l'instar de la Maison "Les Trois Pommiers" à Etterbeek ou de "l'Auberge du Vivier" à Habay-la-Neuve, partagent un projet intergénérationnel avec des familles ou des enfants en difficulté. Contactés par téléphone ce lundi, les responsables n'étaient pas au courant de cette journée mais se montrent intéressés à en savoir plus et à en reparler.
C'est l'occasion de relever ce qu'ils ont déjà mis en place pour tisser, jour après jour, des liens entre les générations. Aux Trois Pommiers, des animatrices organisent des activités intergénérationnelles: soupers, échanges, journées karaoke, etc. Parfois un retraité partage ses connaissances avec un enfant qui a besoin d'un coup de pouce scolaire. Il s'agit souvent d'initiatives individuelles. Un responsable relève qu'il n'est pas toujours facile de créer le lien de manière très structurée et pérenne car les familles en détresse sont accueillies de manière provisoire; par ailleurs, les résidents arrivent en maison de repos de moins en moins autonomes. A l'Auberge du Vivier, qui jouxte le Home Saint-Aubin (centre d'accueil pour enfants), des goûters ou des moments de rencontre ont permis aux aînés comme aux plus jeunes d'offrir et recevoir des moments d'attention bénéfiques pour chacun. Hors période Covid, les relations pouvaient donc se tisser entre grands-parents de substitution et les petits bouts accueillis.
Tous acteurs !
L'instauration par le pape François de cette Journée Mondiale rappelle qu'il est important de repenser la place des personnes âgées dans la société. Maria Sofia Soli, âgée de 87 ans et membre de la Communauté de Sant'Egidio a expliqué que le message du pape est aussi un appel à ceux qui sont avancés en âge: "Cette invitation - je le dis avec conviction - exige un changement de notre part. Nous personnes âgées, qui croyons souvent, parfois même avec obstination, que nous ne pouvons plus changer, que nous sommes maintenant ce que nous sommes, que nous ne sommes plus utiles à personne".
Se montrer créatifs et joyeux !
Si l'inspiration venait à manquer pour marquer d'une pierre blanche cette première Journée Mondiale, le Dicastère pour les Laïcs, la Famille et la Vie propose à tout le moins de prier ensemble, à la messe ou en visite chez un aîné. Il souhaite que "la célébration de la première Journée Mondiale des Grands-Parents et des Personnes Âgées soit vécue comme un moment de fête à laquelle participent toutes les générations. Il ne s'agit pas d'un bonheur naïf, mais de la joie qui naît de la conscience que le Seigneur est proche de la vie des personnes âgées comme de celle des plus jeunes: Il est avec nous tous les jours." Et de rappeler à tout un chacun que de nombreux instruments pastoraux peuvent être utilisés pour concrétiser la sollicitude pastorale à l'égard des personnes âgées. Quelques idées simples à mettre en œuvre: lors d'une visite à des voisins âgés ou des parents partager la prière consacrée à cette Journée Mondiale ; emmener à la messe ceux qui ont du mal à se déplacer et, à tout le moins, prier pour eux!
Toute cette organisation vise aussi à rappeler le sens et la valeur de la vieillesse. Partager un moment avec un senior, qu'il soit de notre famille ou non, est "un signe tangible d’une Église en sortie et c'est une manière, ancrée dans la tradition, de faire preuve de miséricorde, en particulier envers les malades et les prisonniers".
En conclusion, quel que soit notre âge, nous gagnons à rencontrer l'autre et à partager nos forces et richesses pour mieux soutenir nos fragilités mutuelles et célébrer la vie!
Nancy Goethals
La tendresse et l'attention se partagent dans les deux sens. Dans sa dernière édition avant les vacances, Dimanche publiait un dossier sur le témoignage de foi, d'écoute et de transmission de grands-parents. Découvrez ici celui de Anne-Michèle et Patrick Lovens.
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