«Ne cessez pas de prier pour le Venezuela», demande le curé de La Guaira


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«Ne cessez pas de prier pour le Venezuela», demande le curé de La Guaira
Par Vatican News
Publié le
6 min

Après le tremblement de terre dévastateur qui a frappé le pays le 24 juin dernier, le père Antonio Rella, curé de la paroisse du Cœur immaculé de Marie, décrit un paysage marqué par la douleur, l’incertitude et la solidarité. Alors que sa communauté devient un centre d’aide pour les zones les plus touchées, le prêtre insiste sur le fait que la reconstruction matérielle et spirituelle exigera du temps, de la persévérance et de la prière.

Entre les bâtiments effondrés, les familles qui attendent toujours des nouvelles de leurs proches et des communautés entières qui tentent de se relever, l’Église de La Guaira continue d’accompagner la population frappée par le terrible double séisme qui a secoué le Venezuela mercredi 24 juin dernier. Le père Antonio Rella, curé de la paroisse du Cœur Immaculé de Marie, affirme qu’il est encore difficile de décrire avec précision l’ampleur de la tragédie en raison des restrictions de circulation et de l’étendue des dégâts.

Le père Antonio Rella, curé de la paroisse du Cœur Immaculé de Marie, affirme qu’il est encore difficile de décrire avec précision l’ampleur de la tragédie en raison des restrictions de circulation et de l’étendue des dégâts. «Les dégâts sont colossaux», affirme-t-il. «Certains endroits ressemblent à des théâtres de guerre, d’autres évoquent des images apocalyptiques, avec des bâtiments entiers réduits en ruines.»

Entre espoir et deuil

Quinze jours après le séisme, de nombreuses familles continuent de s’accrocher à l’espoir de retrouver vivants leurs proches disparus. D’autres ont dû faire face à la douleur de ne récupérer que les restes de leurs êtres chers. «Il y a encore un très grand espoir chez de très nombreuses familles», déclare le prêtre, rappelant le récent sauvetage de deux sœurs retrouvées vivantes sous les décombres.

L’incertitude, explique-t-il, n’est pas seulement émotionnelle. Elle s’étend également à des aspects aussi fondamentaux que l’accès à l’eau, à la nourriture et à la stabilité économique. Bien que certains commerces aient rouvert, l’activité reste limitée et de très nombreuses personnes ont perdu leurs sources de revenus. «Nous sommes dans une situation complexe», résume-t-il.

Une paroisse transformée en centre d'aide

La paroisse du Cœur Immaculé de Marie a subi des dégâts mineurs par rapport à d'autres communautés du diocèse. Bien que certaines images religieuses soient tombées et que l'autel ait été endommagé, la structure de l'église est restée debout. La situation est très différente dans d'autres paroisses voisines. La cathédrale a subi de graves dégâts et plusieurs églises devront être démolies en raison des effets du séisme. C’est précisément parce que l’église paroissiale a résisté à l’impact du séisme qu’elle est devenue un lieu stratégique pour la gestion de l’urgence. «La paroisse est devenue un lieu de rencontre pour les prêtres, mais aussi un centre de distribution d’aide pour les communautés voisines», explique le père Rella.

La solidarité venue de l’intérieur et de l’extérieur du pays

Le prêtre souligne l’extraordinaire élan de solidarité manifesté par l’ensemble du Venezuela et par de nombreux pays à travers le monde. «Je ne me souviens pas avoir connu une tragédie d’une telle ampleur», affirme-t-il en remerciant les multiples initiatives d’aide humanitaire. Il reconnaît toutefois que, durant les premiers jours, l’aide a été marquée par un certain désordre en raison de l’ampleur de la situation d’urgence et de l’arrivée simultanée de nombreuses organisations et institutions.

Dans ce contexte, il souligne le rôle joué par Caritas Venezuela, dont la structure paroissiale et diocésaine a permis une mobilisation rapide des ressources et des bénévoles. «La première organisation à s’être immédiatement mobilisée a été Caritas», souligne-t-il.

Le Venezuela, dévasté par deux séismes, juin 2026 (CCO rawpixels / OWP)

Le défi le plus difficile: accompagner la souffrance

Au-delà de la distribution de nourriture ou de médicaments, l’accompagnement spirituel constitue l’un des plus grands défis pour les prêtres du diocèse. «Il n’est pas facile de ne pas se mettre à la place de l’autre. Il est pratiquement impossible de ne pas faire preuve d’empathie», avoue-t-il.

Parmi les nombreux témoignages qui l’ont marqué, il se souvient du cas d’une grand-mère qui cherchait désespérément sa petite-fille disparue sous les décombres. Il évoque également les funérailles qui ont eu lieu récemment pour plusieurs victimes du tremblement de terre, parmi lesquelles un enfant âgé d’à peine un an. «Trouver les mots justes pour éclairer cette réalité à la lumière de la foi n’est pas une tâche aisée», admet-il.

Reconstruire les églises et redonner espoir

Le prêtre compare la situation actuelle à la coulée de boue dévastatrice qui a frappé Vargas en 1999, une expérience qui, selon lui, a laissé d’importantes leçons sur la capacité de résilience du peuple vénézuélien. «Ce n’est pas ma première fois», commente-t-il.

Parmi les priorités de l’Église locale figure la reconstruction des églises, considérées non seulement comme des bâtiments, mais aussi comme des lieux de rencontre, de réconfort et de prière pour les communautés. «Je dis toujours à mes paroissiens que c’est leur maison», précise le curé. «Ici, ils peuvent venir quand ils le souhaitent pour louer Dieu, le remercier ou même se disputer avec Lui.» Parallèlement à la remise en état des lieux de culte, il estime indispensable de renforcer l’accompagnement spirituel et psychologique tant des fidèles que des agents pastoraux qui ont eux aussi subi les conséquences de la tragédie, cet accompagnement étant assuré aussi bien par des ministres ordonnés que par des laïcs au service de la communauté.

L'eau et la nourriture, les besoins les plus urgents

Sur le plan matériel, les principaux besoins restent la nourriture et l'accès à l'eau potable. De nombreux habitants dépendaient financièrement d'activités liées à l'aéroport international de Maiquetía, au port de La Guaira ou à de petits commerces qui sont aujourd'hui fermés ou détruits. «Il y a des personnes qui n’ont pas perdu leur maison, mais qui ont perdu leurs revenus et n’ont plus les moyens de subvenir à leurs besoins», précise le prêtre.

Bien que les dons de médicaments aient été abondants et que la paroisse ait même mis en place une banque de médicaments pour la communauté, l’approvisionnement alimentaire restera une priorité au cours des prochaines semaines. «Lorsque l’aide commencera à arriver, nous aurons encore besoin de ce petit coup de pouce pour nous relever et entamer la reconstruction», prévient-il.

Le prêtre adresse également un message d’espérance aux Vénézuéliens vivant à l’étranger qui suivent avec angoisse l’actualité de leur pays. Enfin, il lance un appel simple mais extrêmement puissant à tous les hommes et toutes les femmes de bonne volonté: «Ne cessez pas de prier pour le Venezuela. Vous ne pouvez peut-être pas tous apporter une aide matérielle, mais une prière quotidienne pour nous vaut beaucoup, car elle parvient jusqu’au trône de Dieu et c’est là qu’elle porte ses fruits.» Et il conclut par une phrase qui résume l’esprit avec lequel l’Église accompagne les communautés touchées: «La foi ne rend pas les choses faciles; elle les rend simplement possibles, car elle nous donne une force dans l’âme pour aller de l’avant.»

Vatican News - Sebastián Sansón Ferrari
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Catégorie : Eglise monde

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