Léon XIV vient d'atterrir à l'aéroport de Rome. Après la Turquie, son voyage au Liban a été marqué par des moments riches en oecuménisme, une rencontre touchante avec les familles endeuillées de Beyrouth et un appel à surmonter les divisions pour redresser le pays ensemble. "Liban, relève-toi !" a-t-il exhorté en français.
1) Cinq ans après l'explosion, le Pape console les familles des victimes
C'est un moment silencieux mais plein de symboles qui s'est déroulé ce mardi 2 décembre : celui d’un Pape venu se recueillir sur le port de Beyrouth, une plaie toujours ouverte pour des milliers de Libanais, plus de cinq ans après le drame. Plus de 200 personnes y ont laissé la vie, 7.000 ont été blessées et 300.000 d’entre eux ont perdu leur maison. Certains n’ont d’ailleurs toujours pas regagné leur domicile, situé non loin des silos encore éventrés.
Plusieurs familles de victimes sont venues ce mardi matin avec le portrait de leur proche. Après des années d’enquête, personne n’a encore été incriminé par la justice pour l’explosion. En février dernier, après des mois de blocage, l’enquête a pu reprendre.
À son arrivée sur le port, le Pape, accompagné du Premier ministre libanais Nawaf Salam, s’est recueilli devant la stèle commémorative de l'explosion, au pied de laquelle une couronne rouge de fleurs à son nom à été déposée. Le Pape a ensuite allumé une bougie, avant de saluer et bénir les proches des victimes, très émus.
🇱🇧 Sur le lieu de l'explosion du 4 août 2020 au port de Beyrouth, le #Pape a prié devant le monument aux morts, déposé une couronne de fleurs et salué les survivants et les familles des victimes. #Liban
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2) "Liban, relève-toi !": l'exhortation de Léon XIV... en français !
Après ce moment de recueillement, le Pape a célébré l'Eucharistie sur le "Beirut Waterfront", une esplanade qui surplombe la mer à Beyrouth, où s'étaient rassemblés près de 150.000 croyants (catholiques maronites, latins, musulmans, protestants, orthodoxes...).
Dans son homélie prononcée en français, le Pape a d'abord dressé un diagnostic sur l’état du pays : le "contexte politique fragile et souvent instable", la "crise économique dramatique", et "la violence et les conflits qui ont réveillé d’anciennes peurs". Dans un tel contexte, a admis le Saint-Père, "la gratitude cède facilement la place au désenchantement, le chant de louange ne trouve pas sa place dans la désolation du cœur, la source de l’espérance est asséchée par l’incertitude et la désorientation".
En dépit de ce contexte sombre, le successeur de Pierre a longuement exhorté "à trouver les petites lumières qui brillent au cœur de la nuit, […] les petits germes invisibles qui ouvrent l’espérance en l’avenir". Le Pape a mis en évidence quelques signes sur lequel les fidèles libanais peuvent s’appuyer pour continuer nourrir l’espérance au sein de leur communauté. Il a souligné leur "foi simple et authentique, enracinée dans vos familles et nourrie par les écoles chrétiennes" ; le "travail constant des paroisses, des congrégations et des mouvements pour répondre aux demandes et besoins des gens" ; "les nombreux prêtres et religieux qui se dépensent dans leur mission au milieu de multiples difficultés"...
Léon XIV a invité tous les Libanais à "unir leurs efforts" pour que cette terre retrouve sa splendeur : "Désarmons nos cœurs, faisons tomber les armures de nos fermetures ethniques et politiques, ouvrons nos confessions religieuses à la rencontre réciproque, réveillons au plus profond de nous-mêmes le rêve d’un Liban uni, où triomphent la paix et la justice, où tous puissent se reconnaître frères et sœurs".
Tel est le donc rêve que le Pape a confié au peuple libanais, "c’est ce que le Dieu de la paix met entre vos mains", leur a-t-il dit, scandant "Liban, relève-toi ! Sois une maison de justice et de fraternité ! Sois une prophétie de paix pour tout le Levant !"
«#Liban, relève-toi ! Sois une maison de justice et de fraternité ! Sois une prophétie de paix pour tout le Levant !» a lancé le #Pape devant 150 000 Libanais rassemblés pour la messe, sur le front de mer de Beyrouth.
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👉 L'intégralité de la messe est à retrouver ici
3) Le Pape face à 14.000 jeunes : "Vous avez l’enthousiasme nécessaire pour changer le cours de l’histoire"
Dans une ambiance joyeuse, rythmée par des chants et des prières, près de 14.000 jeunes ont accueilli l'arrivée du Pape au siège du patriarcat maronite à Bkerké. La ville se situe à une trentaine de kilomètres au nord de Beyrouth
S'adressant à la jeunesse libanaise, Léon XIV lui a demandé de puiser dans les racines du cèdre l’engagement de ceux qui servent le pays, "et qui ne s’en servent pas pour leur intérêt personnel", pour avancer sur le chemin de la justice, de la paix et du développement: "Soyez la sève d’espérance que le pays attend!".
Votre patrie, le Liban, fleurira à nouveau belle et vigoureuse comme le cèdre, symbole de l’unité et de la fécondité du peuple.
🇱🇧 Près de 14 000 jeunes libanais était réunis à Bkerké, ville située au nord de Beyrouth, pour accueillir le Pape. Après avoir écouté plusieurs témoignages, @Pontifex_fr les a exhortés à conserver l'enthousiasme nécessaire pour «changer le cours de l'histoire». pic.twitter.com/X3CZiiEpJi
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4) Le Pape et plusieurs leaders religieux plantent ensemble un olivier sur la très symbolique Place des Martyrs
Un autre temps fort de la visite du Pape au Liban a été la rencontre œcuménique et interreligieuse sur la place des Martyrs, au coeur de Beyrouth.
C’est en effet sur ce haut-lieu de mémoire où, en 1916, six patriotes libanais furent pendus par les armées ottomanes, que Léon XIV a été accueilli ce 1er décembre 2025 par le patriarche syro-catholique, le patriarche maronite, le grand imam sunnite et le représentant chiite, avant ensuite de rejoindre la tribune, où étaient installés les autres chefs religieux.
Dans son discours, le Pape a salué la présence de la communauté chrétienne qui constitue un tiers de la population de 5,8 millions d’habitants dans ce pays majoritairement musulman. Léon XIV n’a pas caché sa grande émotion d’être au pays du Cèdre, cette "terre bénie", "exaltée par les prophètes de l'Ancien Testament". Aujourd'hui, il salue la "foi inébranlable" du Liban, où "minarets et clochers se dressent côte à côte", et où "chaque coup de cloche, chaque adhān, chaque appel à la prière se fondent en un seul hymne exaltant […] pour élever une prière sincère pour le don divin de la paix".
À une centaine de mètres, aux abords de la place, la mosquée Mohammad Al Amine et la cathédrale maronite Saint-Georges, deux édifices illuminés sous la nuit tombante, illustraient son propos, note l'agence de presse I.Media.
Après son discours, Léon XIV a planté symboliquement un olivier sur la place avec les autres leaders religieux. Dans son intervention, il a rappelé que si le Liban est réputé pour ses "cèdres majestueux, l’olivier est également un pilier de son patrimoine". Il a souligné comment cet arbre est vénéré dans les textes sacrés du judaïsme, du christianisme et de l’islam en tant que "symbole intemporel de réconciliation et de paix".

Cette rencontre interreligieuse et œcuménique était particulièrement importante au Liban, rappelle I.Media. Le pays dispose d’un système politique «confessionaliste», structuré autour des communautés religieuses du pays. La Constitution libanaise prévoit ainsi que le président soit systématiquement un chrétien maronite, que le Premier ministre soit chiite et que le président de la chambre des députés soit sunnite.
🇱🇧🕊️ Revivez en images les temps forts de la rencontre œcuménique et interreligieuse à Beyrouth, ce 1er décembre 2025, sur la très symbolique Place des Martyrs au #Liban. pic.twitter.com/SBJaKYX6t0
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5) Le pape implore la paix devant la tombe de saint Charbel

Le pape Léon XIV a prié sur la tombe de saint Charbel Maklouf, moine et ermite maronite libanais qui vécut entre 1828 et 1898. Saint Charbel est aujourd'hui connu grâce aux nombreux miracles de guérison attribués à son intercession.
La vie du moine-ermite "nous rappelle, à nous évêques et ministres ordonnés, les exigences évangéliques de notre vocation" a déclaré le pape en français. "Sa cohérence, radicale et humble, ajoute-t-il, est un message pour tous les chrétiens". Beaucoup venaient vers lui pour recevoir du Seigneur "réconfort, pardon, conseil". Léon XIV a confié à l’intercession de saint Charbel les besoins de l’Église, ainsi que du Liban.
Dans ce pays du Proche-Orient qui fait face depuis 2019 à une crise dévastatrice: effondrement monétaire, appauvrissement généralisé, services publics défaillants, explosion du port de Beyrouth en 2020 et encore guerre avec Israël, le Pape apporte un message d’espérance et de paix. "Nous demandons la paix. Nous l’implorons tout particulièrement pour le Liban et pour tout le Levant. Mais nous savons bien – et les saints nous le rappellent – qu’il n’y a pas de paix sans conversion des cœurs" a lancé le Successeur de Pierre.
La récitation de la prière à saint Charbel et la bénédiction du Pape ont clôturé ce moment qui a vu la participation le président de la République du Liban Joseph Aoun, accompagné de son épouse.
🇱🇧 Ce lundi matin, @Pontifex_fr s’est recueilli devant la tombe de saint Charbel Maklouf au monastère de Saint-Maron à Annaya. « Nous demandons la paix. Nous l’implorons tout particulièrement pour le #Liban et pour tout le Levant » a déclaré Léon XIV dans un discours en français. pic.twitter.com/RrYYle8nfN
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Sources : Vatican News et Vatican Media

