
Faut-il maintenir le cours de religion dans le réseau officiel? La question se pose (ou plutôt s’impose) à l’heure où certains responsables politiques semblent vouloir totalement l’évacuer de la grille horaire obligatoire.
Petite réflexion : pourquoi ceux qui s’étaient émus de la suppression des vacances de Toussaint, Noël et Pâques "parce que c’est notre culture", n’élèvent-ils pas la voix contre une future suppression du cours de religion?
Doit-on dès lors reléguer la religion à la seule sphère privée comme le réclament certains? Nous savons pourtant que la religion s’exprime (et doit pouvoir s’exprimer) dans l’espace public. Elle fait partie tant de notre passé que de notre présent. Et forcément de notre futur.
Il ne faudrait d’ailleurs pas confondre ‘pratique religieuse’ et ‘éducation au fait religieux’. Le cours de religion s’inscrit évidemment dans cette deuxième dynamique. Exclure l’explication du fait religieux de l’école, n’est-ce pas pousser nos jeunes à chercher (encore plus) des réponses sur les réseaux sociaux, avec tous les dangers inhérents que sont le fondamentalisme, l’entre-soi, le dogmatisme, l’intégrisme?
On pourrait également regretter qu’un militantisme politique et qu’une certaine idéologie se soient immiscés – tel un poison – dans le monde de l’enseignement. Dont la mission est avant tout la formation mais aussi l’épanouissement de nos jeunes avec qui nous voulons construire une société plus juste, plus humaine, plus tolérante, plus ouverte.
De quel côté est la mauvaise foi quand certains continuent de divulguer une image faussée du cours de religion tel qu’il est dispensé au XXIe siècle?
Le cours de religion a, selon les enseignants interrogés pour notre dossier, pour objectifs – parmi beaucoup d’autres – de "déconstruire les clichés sur la religion" dans une société qui autorise de moins en moins de nuances. Les élèves découvrent notamment que la foi est raisonnable ou du moins qu’il est raisonnable de croire. Car depuis longtemps, l’Eglise (et le cours de religion) a dépassé les pseudo-conflits qui opposaient foi et raison.
Se prononcer en faveur du maintien de ce cours, n’est-ce pas faire le pari de l’avenir dans une société plurielle où le fait religieux demeure une composante essentielle de la personne? Dans un monde où 84% de la population se dit croyante…
Sophie DELHALLE
