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Edito: Bien sûr que la ministre a raison. Mais les enseignants aussi!


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Edito: Bien sûr que la ministre a raison. Mais les enseignants aussi!
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min

Bien sûr que la ministre a raison. La situation budgétaire de la Fédération Wallonie-Bruxelles est inquiétante. Maintenir le cap actuel est risqué. La réduction de certaines dépenses semble inévitable. Et l’enseignement doit participer à l’effort collectif.

Et il est certain que le monde scolaire est dans son bon droit. L’école reste l’un des moyens les plus sûrs pour réduire les inégalités et rendre le monde meilleur. Les enseignants assument une mission de service public et peuvent légitimement attendre du respect et de la reconnaissance.

Et il est évident que la ministre a ses torts. Qu’elle justifie ses mesures par la seule situation budgétaire est politiquement inconsistant. Oublie-t-elle que son parti a décidé de réduire les droits d’enregistrement pour l’achat d’une maison et de diminuer les droits de succession ? Comme si les finances publiques se portaient bien…

Et il est clair que le monde scolaire n’est pas sans œillères. Quelles sont ses propres propositions pour réduire les dépenses publiques ? On ne les entend pas beaucoup… Dans un monde en pleine révolution, l’école devra évoluer, elle aussi.

Cet édito se contenterait-il de souligner mollement que tout le monde a ses torts et ses raisons, et que la crise serait la faute de tout le monde (ou de personne) ? Non. Cet exercice poursuit un autre objectif : il entend rappeler comment fonctionne – ou devrait fonctionner – la démocratie. Celle-ci se nourrit de la confrontation des points de vue, certes. Mais aussi de l’écoute véritable et de la prise en compte de la réalité de l’autre. Elle s’appuie sur l’idée que nous ne sommes pas des adversaires mais des partenaires et que nous pouvons nous faire confiance.

Aujourd’hui, ce n’est pas l’esprit qui préside aux débats.  

Cet édito est donc d’abord une mise en garde. Une invitation à retrouver le sens et le fil de la démocratie. Car ce qui se joue dans le monde scolaire pourrait bien n’être que le début d’un phénomène plus large. Un mélange de peur et de colère, mêlé à un sentiment de défiance et d’injustice, qui commence à perler dans bien des secteurs de la société – et du non-marchand en particulier.

Ce n’est pas avec des gaz et des matraques que l’on trouvera des solutions. Mais, autour d’une table et à force de patience, en affirmant clairement son point de vue et en écoutant vraiment celui de l’autre.

Catégorie : Éditos

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