Bande dessinée : Un deuxième tome pour « Les premiers chrétiens »


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Bande dessinée : Un deuxième tome pour « Les premiers chrétiens »
Par Daniel BASTIÉ
Publié le
2 min

L’action du deuxième tome de cette série consacrée aux premiers chrétiens débute le 13 juin 313. Dans son palais, Constantin Ier médite sur le chemin parcouru par ce qu’est devenu le christianisme, longtemps assimilé à une secte juive, et qu’il vient d’embrasser après sa victoire militaire au pont Milvius et la proclamation de l’Edit de Milan. L’occasion de se remémorer des siècles de persécutions, depuis la crucifixion de Jésus jusqu’aux arènes face aux fauves ou aux bûchers. Cette BD raconte comment une poignée de croyants est devenue une force spirituelle capable de bouleverser l’Empire romain. 

Excellent scénario

Le scénario excelle dans sa capacité à montrer la circulation des idées. Les routes maritimes, les ports orientaux, les cités commerçantes et les prisons deviennent les relais invisibles d’une parole en expansion. Le lecteur comprend de quelle manière cette religion, née dans le giron d’une province périphérique, a imprégné les centres du pouvoir. Les auteurs évitent le piège de la simplification triomphaliste. La progression du christianisme demeure lente, incertaine et, souvent, sanglante. Les exactions ne se réduisent pas à quelques scènes spectaculaires et rappellent un climat permanent d’insécurité qui structurait la vie des fidèles.  Quant aux martyrs, ils ne possédaient rien d’héroïque au sens hollywoodien du terme. Ils tremblaient, doutaient parfois et certains craignaient la souffrance. Cette humanité rend leurs sacrifices encore plus bouleversants. A cela, le christianisme naissant n’est jamais présenté comme une abstraction théologique et se vit à hauteur d’épaules. Le personnage de Constantin constitue évidemment le pivot idéologique du récit. Cette adaptation graphique a l’intelligence de ne pas en faire un saint providentiel. Il demeure un stratège politique, conscient de la puissance potentielle d’une religion capable d’unifier sa souveraineté fracturée.  Enfin, l’album se distingue par son rythme maîtrisé. En alternant efficacement scènes intimistes et moments spectaculaires, il raconte trois cents ans d’histoire à des lieues des cours ex-cathedra des établissements scolaires. 

Daniel BASTIÉ

Delalande & Riccardonna, Les premiers chrétiens – Le temps de la liberté.

Ed. Plein Vent– 48 pages - 2026

Catégorie : Culture

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