La fondation pontificale publie son bilan : 145,8 millions d'euros mobilisés, 5 368 projets dans 141 pays et un record historique d'offrandes de messe transmises à des prêtres en difficulté.
Quelque part dans le monde, une messe a été célébrée toutes les 17 secondes en 2025 à l'intention des donateurs de l'Aide à l'Eglise en Détresse. Derrière ce rythme, un chiffre jamais atteint : 40 207 prêtres soutenus par la fondation pontificale, soit environ un sur dix dans le monde. L'organisation n'avait jamais aidé autant de prêtres en une seule année.
Qu'est-ce que l'Aide à l'Eglise en Détresse
L'Aide à l'Eglise en Détresse (Aid to the Church in Need, selon son sigle anglais) est une fondation pontificale fondée en 1947, dont le siège international se trouve à Königstein, en Allemagne. Financée uniquement par des dons privés, elle a réuni 145,8 millions d'euros auprès de 363 176 bienfaiteurs en 2025, pour financer 5 368 projets dans 141 pays au service de chrétiens persécutés ou démunis.
Née en Belgique, les premiers dons furent collectés en 1947 à l'abbaye de Tongerlo, en Campine anversoise, l'œuvre dispose aujourd'hui de 23 antennes nationales chargées de récolter les fonds et de sensibiliser le public. Les projets financés couvrent des réalités très concrètes : formation de séminaristes, construction d'églises et de séminaires, subsistance de religieuses, véhicules pour atteindre des communautés enclavées, distribution de Bibles. À elle seule, la construction a absorbé 25,1 % du budget, la part la plus lourde.
"Sans nos bienfaiteurs, rien de tout cela ne serait possible. Grâce à leur générosité, l'Eglise a pu rester un signe d'espoir pour des millions de personnes vivant dans des contextes de pauvreté, de guerre, de discrimination ou de persécution", résume Regina Lynch, présidente exécutive de la fondation.
Où va l'aide : l'Afrique et le Proche-Orient en première ligne
En 2025, l'Afrique a reçu 34,5 % de l'aide de l'Aide à l'Eglise en Détresse, sa première région bénéficiaire. La croissance des communautés chrétiennes et la progression du terrorisme islamiste y nourrissent les besoins. Dans les pays les plus touchés – Burkina Faso, Niger, Mali –, l'aide a augmenté de 30 %. Au Nigeria, la hausse a atteint 47 %.
Le Proche-Orient, lui, a concentré 17,1 % du budget. Le Liban, la Syrie et l'Irak figuraient parmi les dix pays les plus soutenus au monde. En raison de l'escalade des conflits, plus de 80 % de l'aide d'urgence mondiale de la fondation a été dirigée vers cette seule région. L'Inde, où la situation des chrétiens se dégrade, a été en 2025 le pays qui a reçu le plus d'aide, tous programmes confondus, devant l'Ukraine, le Liban et la Syrie.
Source : rapport financier 2025, Aide à l'Eglise en Détresse
Prêtres, séminaristes, religieuses : qui la fondation soutient
Le soutien aux prêtres a battu un record en 2025 : près de 1,9 million d'offrandes de messe ont été transmises à 40 207 prêtres, dont beaucoup tirent de cette aide une part de leur subsistance. La fondation a aussi financé la formation de 13 368 séminaristes, soit un futur prêtre sur huit dans le monde, en hausse de plus d'un tiers sur un an.
L'Afrique, où vit environ un tiers des séminaristes de la planète, en a rassemblé 8 341. L'Europe en compte 919, dont 660 pour la seule Ukraine, où l'Eglise continue de former ses prêtres malgré la guerre. Quelque 20 000 religieuses ont par ailleurs bénéficié des projets de l'œuvre, et 520 816 ouvrages religieux ont été distribués, dont plus de 111 000 Bibles et Nouveaux Testaments. Dans les zones meurtries par les conflits, la fondation dit aussi renforcer la formation des prêtres et religieux à l'accompagnement psycho-spirituel des personnes traumatisées.
Source : rapport financier 2025, Aide à l'Eglise en Détresse
Des comptes audités
Le rapport financier 2025 de l'Aide à l'Eglise en Détresse, approuvé fin juin à Rome et audité par le cabinet indépendant PricewaterhouseCoopers, indique que 78,7 % des dépenses ont servi la mission. Sur ce total, 83,4 % ont directement financé des projets de terrain ; les frais administratifs se sont limités à 8,5 %.
Les legs ont représenté une ressource majeure : 31,3 millions d'euros, soit plus d'un cinquième des recettes. Un signe de la fidélité durable de bienfaiteurs souvent âgés, parfois décédés, dont l'œuvre dit garder mémoire.
Reste une inconnue que le rapport ne chiffre pas : combien de ces communautés auraient tenu sans l'aide reçue. Sur les 6 860 demandes adressées à la fondation en 2025, près de 1 500 sont restées sans réponse faute de moyens.
Repères · Bilan 2025 de l'Aide à l'Eglise en Détresse
- 145,8 millions d'euros de dons et de legs
- 363 176 bienfaiteurs dans le monde
- 5 368 projets financés dans 141 pays
- 40 207 prêtres soutenus – record historique
- 13 368 séminaristes aidés, dont 8 341 en Afrique et 660 en Ukraine
- 520 816 livres religieux distribués, dont 111 000 Bibles et Nouveaux Testaments
- 78,7 % des dépenses consacrées à la mission (audit PwC)
Source : rapport financier 2025, Aide à l'Eglise en Détresse

