« Être prêtre, un choix qui rend heureux » : Thomas sera ordonné dimanche à Beauraing


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« Être prêtre, un choix qui rend heureux » : Thomas sera ordonné dimanche à Beauraing
Par Diocèse de Namur
Publié le
4 min

En pénétrant dans la basilique Notre-Dame au Cœur d’Or, Thomas Capouillez aura un regard discret vers les gradins. Vers cette place qu’il occupait le 15 mars 2019, le jour où tout a basculé dans sa vie. Une vie jusque-là avec ses hésitations : allait-il oser franchir le pas vers la prêtrise ?  Thomas était venu à Beauraing demander à la Vierge Marie, comme il le précise, « le coup de pied qui lui manquait. » La Vierge Marie a rempli la mission que Thomas espérait. Dimanche, la cathédrale Saint-Aubain étant toujours fermée, il recevra, à Beauraing, l’ordination presbytérale des mains de Mgr Lejeusne. Un ministère qu’il compte accomplir, fidèle à lui-même, dans la simplicité, dans le service aux autres.

« La première personne à convaincre, c’était moi » lance Thomas Capouillez. A quelques jours de son ordination, le trentenaire, originaire de Sombreffe ne peut s’empêcher de repenser à toutes ses hésitations, à ses peurs. C’est que le chemin vers Dieu est impressionnant.

Enfant alors qu’il accompagnait ses parents, son frère et sa sœur, à la messe, Thomas a très vite eu l’impression qu’il y avait l’eucharistie bien sûr mais aussi « quelque chose » de plus grand. Durant des années, Thomas Capouillez va chercher. Arrivant à se demander, question fondamentale : « et si Dieu m’appelait ? » Thomas : « Dieu a avancé avec moi, à mon rythme. Heureusement, il nous laisse prendre notre temps. Ce qui est certain c’est qu’il faut mettre le Seigneur dans le coup. »

Thomas surprend. Alors qu’il est en humanité, ses copains de cours qui n’hésitent pas à le taquiner sont surpris d’apprendre qu’il va à la messe volontairement et qu’en plus, il y prend du plaisir ! A 18 ans, il n’exclut pas la vocation. La sempiternelle question revient : « Qu’est-ce que je fais avec ça ? » Alors qu’il entame des études supérieures d’agronomie à Ciney, il continue à aller, en semaine, à la messe. « La vocation est toujours là, en toile de fond. » Durant les vacances, il travaille dans la ferme de son oncle. « Je vois dans la vie du fermier, un lien avec la vocation. Une vie en contact avec la nature dans laquelle il s’agit de s’investir pleinement. Un travail passion. » Il travaillera ensuite dans une laiterie à la préparation du fromage. Un travail physique.

Et toujours ces hésitations…

Thomas part pour Beauraing. « Nous sommes le 15 mars 2019, jamais je n’oublierai cette date. Je voulais demander à la Vierge Marie, elle qui avait choisi d’apparaître à des enfants, le coup de pied qui me manquait. » Le futur prêtre est passé par le Jardin des apparitions, s’est réfugié dans la basilique s’installant dans les gradins. « C’est devenu une certitude, j’allais devenir prêtre. A partir de ce moment, j’ai ressenti une grande paix intérieure. Je me suis dit : ‘allez, il faut y aller. Même si je ne savais pas encore où aller et comment y aller, je savais que je n’étais pas seul. J’étais apaisé. » Apaisé mais toujours inquiet : que faire avec cette décision ? En parler avec un prêtre. Il en discutera avec l’abbé Pierre Renard qui lui conseille de s’adresser au chanoine Joël Rochette. Beaurinois de cœur, ce dernier est aussi recteur du séminaire de Namur. « J’y ai vu là un clin d’œil. » Et c’est ainsi qu’il écrit à l’évêque pour lui faire part de son projet : devenir prêtre. « Je me revois encore devant la boîte aux lettres et la peur qui était la mienne de lâcher ce courrier si important.

Thomas Capouillez fait sa rentrée au Grand Séminaire francophone de Belgique. Il a 25 ans et reconnaît que reprendre les cours alors que l’on a déjà fait son entrée dans la vie active est compliqué. Quelques mois plus tard, c’est le COVID et le confinement. Il fait le choix de vivre ce confinement au séminaire et en garde le souvenir d’une profonde fraternité. Souvenir encore de ce temps pascal vécu là encore en comité réduit. Une fraternité entre séminaristes qui aidera les uns et les autres à dépasser les inévitables moments de doute qui accompagnent la formation. Non sans humour, Thomas ajoute « Du moment que tout le monde ne déprime pas en même temps on peut se soutenir les uns les autres ! »

Dimanche, les diocésains découvriront le nom de la paroisse où Thomas débutera son ministère. Un prêtre qui œuvrera dans la simplicité. La volonté de rendre service occupe une place importante chez lui. Du temps, il veut encore en prendre pour la prière. « Il faut y être accroché, rester enraciné en Dieu. Il faut aussi pouvoir lui déposer les souffrances vécues, reçues lors des rencontres. Ne pas porter tout seul. »

A quelques jours de son ordination presbytérale, Thomas Capouillez se sent plus détendu que lors de son ordination diaconale. Il espère réussir à s’abandonner au Seigneur. Il espère aussi montrer à des jeunes qui souhaiteraient suivre sa voie « que c’est un choix qui rend heureux. Je ne suis pas une exception, pas une rareté. Dieu m’a posé une question et j’ai répondu oui. »

A noter que cette ordination sera retransmise pour ceux qui ne pourraient rejoindre Beauraing par la chaîne YouTube du diocèse.

Christine Bolinne

Catégorie : Diocèse de Namur

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