Union homosexuelle : discerner, accompagner et intégrer


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Union homosexuelle : discerner, accompagner et intégrer
Par Nancy Goethals
Publié le - Modifié le
3 min

Cette semaine, les évêques belges ont pris connaissance du ‘responsum’ du 15 mars 2021 par lequel la Congrégation pour la Doctrine de la Foi rappelle que la bénédiction des couples de ‘personnes de même sexe’ n’est pas permise. Le premier à réagir, en son nom personnel, fut Mgr Bonny, évêque du diocèse d'Anvers.

Le responsum (la réponse) donné par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi au "dubium" (autrement dit: une question) soulevé par des pasteurs et des fidèles sur la licéité de la bénédiction de couples homosexuels ne manquera pas de susciter le débat. Mgr Johan Bonny a de suite publié ce mardi une carte blanche dans le quotidien néerlandophone De Standaard. Il voulait avant tout exprimer sa compassion avec les couples homosexuels croyants et leur entourage. Ce mercredi, la Conférence des Evêques de Belgique a relayé son propos: "Ils [les évêques] ont conscience que ceci est ressenti de manière particulièrement douloureuse par de nombreux couples homosexuels croyants et leur famille, leurs parents et grands-parents, leurs proches et leurs amis."

D'autant plus que, relève le communiqué des évêques, "depuis de nombreuses années, l'Église catholique de notre pays, à tous ses niveaux (évêques, prêtres et collaborateurs pastoraux, théologiens, scientifiques, politiciens et travailleurs sociaux), œuvre avec d'autres acteurs sociaux, à un climat de respect, de reconnaissance et d'intégration. Nombre d’entre eux [NDLR: de couples homosexuels] sont de plus engagés au niveau ecclésial ou dans des institutions chrétiennes."

"Leur douleur pour l'Église est la mienne aujourd'hui"

Déconsidérée, la place des homosexuels dans l'Eglise? Mgr Bonny dit ressentir "une incompréhension intellectuelle et morale". Lui qui, en octobre 2015, a participé au synode sur le mariage et la famille, en représentant les évêques belges, relève: "il manque au présent responsum le souci pastoral, le fondement scientifique, la nuance théologique et le soin éthique qui étaient présents chez les pères synodaux qui ont approuvé les conclusions finales à l'époque." Il rappelle ainsi que "ce n'était clairement pas la dynamique du synode. Il a été question à plusieurs reprises de rituels et de gestes appropriés pour inclure les couples homosexuels, même dans le domaine liturgique." Ici, le responsum de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi donne aux homosexuels "le sentiment de ne pas avoir été traités équitablement et honnêtement par l'Église" note Mgr Donny qui annonce que "les réactions sont déjà là".

Et "Amoris Laetitia" dans tout cela?

Les évêques encouragent leurs collaborateurs à poursuivre dans la voie de l'ouverture et de l'accueil. Ils se sentent soutenus par l’exhortation "Amoris Laetitia" (la Joie de l’amour), publiée par le pape François suite au synode de 2015. Ils insistent sur trois mots-clés: discerner, accompagner et intégrer. Pour rappel, l'année "Famille Amoris Laetitia" va débuter ce vendredi 19 mars, à l'occasion de la fête de Saint Joseph.

Dans sa carte blanche, Johan Bonny fait également référence à cette exhortation et déplore une occasion manquée par l'Église: "Ce responsum n'est pas un exemple de la manière dont nous pouvons parcourir un chemin ensemble. Le document sape la crédibilité tant de la "voie synodale" prônée par le pape François que de l'année de travail annoncée avec Amoris laetitia. Le vrai synode va-t-il se lever?" conclut-il.

Nancy GOETHALS

Pour mieux comprendre les enjeux, (re)lire aussi Pour la Congrégation pour la doctrine de la Foi, la bénédiction des unions homosexuelles n’est pas licite

et Mariage ou union civile? Une question de termes et bien plus

La traduction de la carte blanche intégrale de Mgr Bonny sera à lire demain avec son interview par Cathobel

 

Catégorie : L'actu

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