Secret de la confession: la France renonce à le lever


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Secret de la confession: la France renonce à le lever
La corapporteure de la commission Bétharram, Violette Spillebout, a finalement abandonné son projet de remettre en cause le secret de la confession en France. © Adobe Stock
Par Cath.ch
Publié le
3 min

Après la levée de bouclier de la Conférence des évêques de France, l’assemblée nationale a finalement abandonné le 1er juin 2026, l’article de son projet de loi remettant en cause le secret de la confession.

Décidée à faire passer sa proposition de loi visant à prévenir les violences en milieu scolaire dans la foulée du scandale de Bétharram, la députée Violette Spillebout (Renaissance) en a finalement retiré l’article 9 prévoyant l’obligation de dénoncer les crimes dont les ministres du culte auraient eu connaissance dans le cadre de la confession, rapporte le quotidien La Croix. Cette disposition, qui aurait ainsi violé le secret sacramentel, avait provoqué une mobilisation importante des milieux catholiques.

De fait l’article reposait sur une prémisse très contestable, note le Père Clément Barré pour La Croix: que les agresseurs sexuels se confesseraient régulièrement de leurs crimes et instrumentaliseraient le secret pour se protéger. Ce scénario, digne d’un film, ne correspond à aucune réalité. En ce sens, cette mesure visait un problème largement imaginaire. Elle était donc inutile.

Quel secret?

Pour le prêtre bordelais, la question de fond persiste cependant. Car l’Église manifeste elle-même une difficulté à appliquer sa propre discipline. L’exemple du dernier conclave est flagrant. Des cardinaux électeurs, liés par serment solennel sur les Evangiles au secret absolu sous peine d’excommunication, ont raconté devant les caméras les tractations, les votes, les échanges. Ceci sans que grand monde ne s’offusque. Si le secret peut être violé par les cardinaux  qui en sont les premiers gardiens, quelle crédibilité accorder à l’invocation solennelle du sceau sacramentel?

On se souvient aussi du livre paru en 2021 dans lequel un journaliste recueillait les récits de 40 prêtres racontant ce qu’ils entendaient en confession. Là aussi sans blâme.

Le prêtre s’efface devant Dieu

La Pénitencerie apostolique, dans une note de 2019, rappelait les exigences du secret. Le prêtre entend les péchés «non en tant qu’homme, mais en tant que Dieu», selon la formule de Thomas d’Aquin. «Cette formule exige du prêtre un effacement complet et une chasteté totale par rapport à ce qu’il a entendu», souligne l’abbé Barré. Le prête ne possède pas qu’il a entendu: il ne doit pas le retenir, ne pas l’utiliser, ne pas le laisser altérer ni son regard, ni ses décisions.

La note ajoute de manière assez étonnante «Le confesseur pourrait même ‘jurer’, sans aucun préjudice pour sa conscience, ‘ne pas savoir’ ce qu’il sait seulement en tant que ministre de Dieu.»

Le sceau lie donc le prêtre non seulement extérieurement mais intérieurement. La confession n’est pas seulement un secret à garder: c’est une mémoire à effacer. Si  la loi changeait, les prêtres seraient tenus d’en assumer jusqu’au bout les conséquences civiles, et de se taire quand même.

Maurice PAGE pour cath.ch

Catégorie : Eglise monde

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