Opinion – Le vrai champion du monde


Partager
Opinion – Le vrai champion du monde
Les stades, nouveaux lieux où se joue la grand'messe du foot (Image CC0 par Wikimedias Commons)
Par La rédaction
Publié le - Modifié le
4 min

Quel lien y a-t-il entre la Coupe du monde et la fête de Noël ? Ralph SCHMEDER, responsable du Service de Presse du diocèse de Liège, tente de faire le parallèle entre ces deux faits. Ce n'est pas qu'une question de calendrier!

Les deux localités se situent à « l’Orient », l’une faisant partie du Proche-Orient, l’autre du Moyen-Orient. En ce mois de décembre, les deux attirent notre intérêt, mais pas pour les mêmes raisons. Un peu plus de 2.000 km séparent l’une de l’autre. La première est Doha, la capitale du Qatar, où a lieu actuellement le Mondial du football, l’autre est Bethléem, ville palestinienne située en Cisjordanie à environ 10 km au sud de Jérusalem.

Les stades, nouveaux lieux où se joue la grand'messe... du foot ! (Image CC0 par Wikimedias Commons)

Deux mondes radicalement différents

Malgré la relative proximité géographique, il s’agit en réalité de deux mondes fondamentalement différents. Comme moi, vous avez peut-être été horrifiés par les circonstances dans lesquelles est organisé ce tournoi entre les meilleures équipes footballistiques du monde. On a dépensé des milliards d’euros pour construire des stades climatisés au milieu du désert. Les ouvriers qui les ont construits ont dû travailler dans des conditions inhumaines, comme des esclaves modernes; beaucoup y ont laissé leur vie.

Faut-il encore rappeler que les gouvernants de ce petit émirat du Moyen-Orient ne se soucient pas vraiment des droits de l’homme (et encore moins de la femme)? Un scandale suit l’autre. Le président actuel de la FIFA, Gianni Infantino, ne cesse de répéter que dans cet événement sportif, il n’y a pas de place pour des prises de position politiques. Il oublie que l’attribution même du Mondial au Qatar en 2010 était déjà une affirmation politique, démontrant par là que l’argent a bien plus de pouvoir que le respect de droits élémentaires des humains.

Un autre visage, celui d'un enfant

En contraste avec ce visage effrayant du néocapitalisme qui avale aussi le domaine du sport de haut niveau, nous accueillerons bientôt un autre visage, celui d’un petit enfant. Il est né dans une petite ville où, selon la tradition, serait né aussi le roi David, Bethléem.

Sa naissance dans une crèche, loin du luxe du palais de Jérusalem où vit le roi Hérode, est déjà l’annonce du choix fondamental que le Jésus adulte fera délibérément: celui de la pauvreté, de la simplicité. Dieu se manifeste au monde non pas sous les projecteurs et via des retransmissions mondiales, mais dans la discrétion de la nuit, en s’annonçant à quelques bergers qui gardent leurs brebis.

Nous célébrerons Noël tout juste une semaine après la finale du Mondial. Qui sera le champion du monde? Sera-ce l’Angleterre, le Brésil, la France? Personnellement, cela ne m’intéresse pas trop. Je préfère attendre le vrai champion, celui qui remportera la victoire définitive le jour de Pâques.

Des choix à faire

Cette année, le contraste entre ce tournoi hivernal au Qatar et la fête de la Nativité nous rappelle que, nous aussi, nous avons peut-être des choix à faire. Obéirons-nous au dictat de l’argent qui semble avoir oublié les exigences d’humanité, d’égalité et de rencontre amicale? Ou bien nous laisserons-nous toucher par le sourire de l’enfant de Marie? Le prophète Isaïe l’appelle « Emmanuel », Dieu avec nous. En ce temps de l’Avent, nous exprimerons notre attente d’un monde différent, où il y a de la place pour l’amour, le respect des différences et l’accueil des plus petits.

Isaïe donne aussi à celui qui doit venir le nom de « Prince-de-la-Paix ». En cette période de guerre en Europe (et ailleurs aussi, ne l’oublions pas !), Noël pourrait prendre tout son sens de fête de la paix. Peut-être n’y aura-t-il pas encore d’armistice entre la Russie et l’Ukraine, mais la vraie paix commence là où des hommes et des femmes se rencontrent en se respectant, en se parlant avec bienveillance, en s’écoutant et en avançant ensemble dans la construction d’un monde meilleur. Voilà quelque chose qui est en notre pouvoir: accueillir l’amour de Dieu qui s’est fait chair au milieu de nous et tenter d’imiter cet Amour dans toutes nos relations.

Ralph Schmeder

La Coupe du monde a aussi inspiré...

👉 l'éditorial de Vincent Delcorps dans Dimanche: "Mieux vaut discerner que de ne pas boycotter"

👉 un documentaire au cinéma sur le pouvoir du football


Dans la même catégorie