Edito – Mieux vaut discerner que (ne pas) boycotter


Partager
Edito – Mieux vaut discerner que (ne pas) boycotter
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min

Il y a donc deux camps. Un peu comme au foot, en fait…
D’un côté, ceux qui proclament, assez fortement d’ailleurs, qu’ils vont boycotter le Mondial. Ils considèrent que celui-ci a été attribué à un mauvais pays pour de mauvaises raisons. Ils estiment que suivre l’événement revient à être complice des drames qui se jouent en coulisse. Ils entendent, par leur choix, dénoncer les dérives d’un système qui dérape et apporter leur pierre à l’émergence d’un monde meilleur.

De l’autre côté, ceux qui ont décidé, sans nécessairement le crier, qu’ils allaient suivre le Mondial. Ils rappellent que celui-ci est un événement hors-normes, exceptionnel. Rare! Que le foot est source de joie, d’émotions collectives et de fraternité. Ils ne sont ni dupes ni couards. Ils pensent toutefois qu’un boycott de leur part ne sera pas de nature à changer la face de la Terre.

Les uns comme les autres pensent avoir raison. Les uns comme les autres ont raison!
Car dans ce débat, la bonne question n’est pas de savoir s’il faut boycotter la Coupe du Monde ou pas. La bonne question consiste à interroger les raisons pour lesquelles on le ferait.

Certains s’apprêtent ainsi à boycotter le Mondial pour de mauvaises raisons. Pour faire bonne figure, par exemple. Pour paraître plus "vert". Ou avec l’espoir, un peu illusoire, de provoquer des changements à Doha (capitale du Qatar) ou à Zürich (siège de la FIFA).

De même, certains s’apprêtent à ne pas boycotter le Mondial pour de mauvaises raisons. Par habitude, par exemple. Par paresse intellectuelle. Ou bercés par l’illusion, un peu enfantine, que le foot et la politique seraient deux choses distinctes.

Alors, boycott ou pas finalement? A chacun de le déterminer en conscience. Sans toutefois se focaliser sur cette question. Mais surtout, sans négliger d’autres questions. Telles que:
- Si je ne vais pas à Doha, que faire avec l’argent épargné?
- Suis-je prêt à boycotter les sponsors de cette Coupe du Monde?
- Si je ne regarde pas les matches, que ferai-je à la place?
- De quelle (autre) manière pourrais-je vivre des instants de communion avec des proches, des voisins?

A travers ce lent discernement, c’est un chemin qui s’ouvre. Fait de dialogue et de réflexion, de doutes et de remises en question. Un chemin de conversion.

Vincent DELCORPS

Catégorie : En dialogue

Dans la même catégorie