
Vers Compostelle, Rome et Vezelay, bien sûr. A Assise aussi, en Terre sainte et à Loyola. Sans oublier les environs de Lourdes, Banneux et Beauraing. Ou alors vers les sommets alpestres, dans les forêts ardennaises, sur les petits sentiers des Fagnes ou sur la digue. Cet été, ici comme ailleurs, il y eut des marcheurs.
Beaucoup de marcheurs! Et de tous poils. Des jeunes et des moins jeunes. Des novices et des vieux routards. Des gais lurons et des râleurs. Des toujours motivés et des suiveurs. Des solitaires et des en meute. Des avec enfants et des avec le calme. Des sportifs et des tranquilles. Des plutôt friqués et des vrais mendiants. Des croyants et des pas croyants du tout. Des chasseurs de marmotte et des chercheurs de sens.
Tous différents donc. Et pourtant, ces marcheurs ont quand même un point commun: cette vague idée que marcher pourrait leur faire du bien. Ils ont raison: les bienfaits de la marche ne sont plus à démontrer. Relevons-en trois.
Le contact avec la nature. Bien sûr, certains préfèrent les chemins urbains. Mais souvent, c’est loin du béton que l’on prend son pied. Qu’il est bon alors de se rappeler qu’il y a une vie hors des murs! C’est l’occasion de s’émerveiller devant la Création… mais aussi de percevoir les dégâts que l’homme lui inflige. Deux démarches essentielles!
L’interdiction de tricher. Quand c’est beau, c’est beau; quand c’est dur, c’est dur… Souvent, au quotidien, nous faisons semblant. Nous mettons des masques. Mais quand on marche, il apparaît vite que nous ne pouvons plus qu’être… nous-mêmes. N’est-ce pas là un très précieux cadeau – pour nous-mêmes comme pour les autres?
Le rythme mesuré. Quand on marche, les paysages défilent… lentement. Ce qui nous permet de les apprécier, de les regarder sous différents angles, de nous laisser surprendre par eux. Plus que le rythme motorisé, le pas lent nous permet aussi de penser, de dialoguer, de méditer ou de prier. La marche est incontestablement le rythme de l’homme.
Et au fond, ce qui étonne, ce n’est pas le fait que tant de gens profitent de l’été pour s’en aller marcher. Ce qui surprend, c’est que si peu de gens le fassent durant l’année. Durant l’été, ils marchent; durant l’année, ils courent.
A la veille de la rentrée, nous vous souhaitons de reprendre la route à pas d’homme.
Vincent DELCORPS
