Le pape François sensible aux fragilités lettones


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Le pape François sensible aux fragilités lettones
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Lors de son séjour dans les pays baltes et son passage en Lettonie, le pape François a tenu des propos forts à plusieurs reprises, revenant notamment sur le désir “d’engendrer la vie et de créer l'avenir”.

En voyage dans les pays baltes, le successeur de Pierre réside à la nonciature apostolique de Vilnius, en Lituanie. Il a donc quitté ce pays pour se rendre à Riga où il a été accueilli le 24 septembre par le président letton, Raimonds Vējonis.

Dans son discours en présence des autorités du pays, il a salué “la pleine collaboration” entre confessions chrétiennes dans le pays. C’est pour lui un symbole de la possibilité “de promouvoir une communion dans les différences”. Ainsi, en dépassant “la surface des conflits” il est possible d’atteindre “une unité multiforme qui engendre une nouvelle vie”. Cette expression est d’ailleurs revenue dans le discours du Souverain pontife : le développement d’une communauté se mesure selon lui au “désir que l’on a d’engendrer la vie et de créer l’avenir”. Ainsi, la qualité de vie d’un pays – le pape a parlé de “maternité” de la Lettonie – se mesure par la capacité à se concentrer sur les “visages concrets” de ses habitants plutôt que sur “la primauté de l’économie”. Et à créer des emplois pour éviter l'émigration, a-t-il ajouté. Cela requiert, a détaillé le successeur de Pierre, un “enracinement dans le passé”, mais aussi une “espérance dans l’avenir”. Ce qui peut constituer un certain pari, a-t-il reconnu. La Lettonie est en effet touchée par une certaine forme de désespérance : elle a perdu plus d’un quart de sa population par rapport à 1990, notamment par une très forte émigration des jeunes. Les taux de suicide et d’alcoolisme sont aussi particulièrement élevés.

Après la commémoration au Monument de la liberté, le pontife s’est dirigé vers la cathédrale luthérienne de Riga, pour une prière œcuménique. Majoritairement protestante, la Lettonie compte en son sein d'importantes minorités catholique et orthodoxe. Dans le pays, a-t-il alors salué, les différentes confessions chrétiennes cohabitent dans un esprit “de respect, de collaboration et d’amitié”. Le pape a toutefois donné un sérieux avertissement: les chrétiens risquent de devenir des “touristes” et leur foi réduite à un “objet du passé”, enfermée dans les églises. “Notre foi n’est pas faite pour être cachée, mais pour être connue!”, s’est-il exclamé. Et si les chrétiens ont peut-être désormais “moins de marges de manœuvre et d’influence”, ils ne peuvent pas pour autant se résigner.

A l’issue de la prière œcuménique à la cathédrale protestante de Riga, le successeur de Pierre s’est ensuite dirigé vers le siège épiscopal catholique, la cathédrale Saint-Jacques. A l’intérieur de l’édifice religieux, le pape était attendu par des personnes âgées. Celles-ci, a-t-il salué dans son allocution, on traversé “toutes sortes d’horreur” : la guerre, la répression, la persécution, l’exil. “Ni le régime nazi ni le régime soviétique” n’ont diminué leur foi. “Vous avez combattu le bon combat”, a-t-il affirmé, en paraphrasant la seconde lettre de saint Paul à Timothée. Pourtant, a-t-il dénoncé, alors que leur génération a “lutté”, s’est “dépensée corps et âme” pour la liberté du pays, les personnes âgées semblent être “oublié[e]s dans la vie quotidienne”. Elles sont trop souvent le “wagon de queue” d’une société qui les soumet à l’exclusion et parfois à la misère. Et ce, au nom de la liberté, s’est offusqué l’évêque de Rome, qui a encore invité les personnes présentes à être les “racines vivantes” afin que les jeunes “s’y greffent”.

A. T. avec cath.ch/imedia/xln/rz


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