Le dimanche 24 juin à 15h, le diocèse de Tournai vivra un événement exceptionnel avec l'ordination de trois nouveaux prêtres, en la Cathédrale Notre-Dame. À quelques jours de ce grand moment, les trois candidats à l'ordination presbytérale ont accepté de se prêter au jeu de l'interview. Rencontre avec Yannick Letellier, Simon Naveau et Pascal Cambier.
La personnalité comme les parcours respectifs des trois futurs prêtres frappent par deux aspects: à la fois leurs similitudes et leurs différences. Si tous les trois ne sont pas issus d'un milieu familial particulièrement pratiquant, tous les trois ont fait le pas d'entrer au séminaire alors qu'ils étaient déjà actifs dans la vie professionnelle, ce qui leur a permis d'acquérir une solide expérience humaine. Leurs témoignages montrent donc, à travers des parcours forcément uniques, que leur vocation a mûri dans le temps. Ce qu'on appelait autrefois des "vocations tardives" semble donc, aujourd'hui, devenir de plus en plus souvent le cheminement "normal" vers le sacerdoce.

Yannick Letellier
Yannick Letellier est originaire de Maffle, près d'Ath. Âgé de 38 ans, il est gradué en gestion informatique. Simon Naveau, quant à lui, a 39 ans, et est ingénieur de formation. Originaire de Thuin, il a travaillé en Afrique et à Tuc-Rail (filiale de la SNCB). Enfin, originaire de la région de Mons, Pascal Cambier est âgé de 47 ans. Il est également ingénieur de formation et a travaillé chez NGK Ceramics à Baudour (pots catalytiques pour véhicules automobiles).
Comment leur vocation est-elle née? Cédons la parole aux trois séminaristes...
Yannick Letellier a été confirmé le jour de la reconnaissance des apparitions de Notre-Dame de Laus. "Je l'ai pris comme un signe". raconte-t-il. "Je me souviens d'un moment précis, lors d'un pèlerinage à Paray-le-Monnial, où je me suis demandé: 'Jusqu'où suis-je prêt à aller?'. Pendant un an, j'ai rencontré régulièrement un prêtre pour lui parler de ma vocation. Un jour, il m'a dit: 'Tu dois faire un pas'. C'est lors d'une retraite de Saint-Ignace de Loyola que j'ai réalisé que je voulais me diriger vers le sacerdoce. À ce moment, j'ai ressenti une grande joie, suivie d'une grosse angoisse : comment l'annoncer à ma famille?" De fait, sa famille n'accueillera pas cette orientation avec enthousiasme...
"Il me semblait qu'il me manquait quelque chose"
Quant à Simon Naveau, c'est à 30 ans qu'il a commencé à se poser des questions. "J'avais un travail très intéressant (ndlr : ingénieur de formation, Simon travaillait à la SNCB après avoir été en poste dans des plateformes pétrolières en Afrique), des collègues avec qui je m'entendais bien, une vie sociale et culturelle riche, une famille aimante...

Simon Naveau
"Mais il me semblait qu'il me manquait quelque chose, j'avais besoin de réfléchir sur ma vie. Sur la vie. Il fallait que j'enlève ce qui n'était pas primordial, pour retrouver ce qui fait réellement vivre. Et j'ai compris que je devais mettre Dieu au centre de ma vie.
"C'est ainsi que la vocation m'est revenue. En effet, enfant je voulais devenir prêtre, puis en grandissant j'avais écarté ce projet. Dieu répondant à mon manque, j'ai demandé à entrer au séminaire. Ce qui s'est réalisé en 2011."
Pour Pascal Cambier, les choses ont commencé par une amitié avec une collègue de travail, qui lui a parlé de sa foi chrétienne. "J'étais athée de fait, j'avais juste été baptisé enfant et la religion n'avait pas de place dans ma vie. Mais cet échange m'a interpellé et j'ai commencé à m'intéresser à la foi". Ayant découvert un livre, "Le bonheur en Dieu", il contacta l'auteur, dom Marie-Gérard Dubois, père abbé de l'abbaye de "La Trappe", en Normandie. "Je lui ai expliqué que j'étais en recherche et que je souhaitais aller à la rencontre de moines. Il m'a répondu positivement et c'est ainsi qu'en 2005, je suis allé vivre la Semaine sainte au Mont-des-Cats. Chaque jour, j'ai pu parler avec un moine. Et le Jeudi saint, pour la première fois, j'ai vécu la confession et la communion". De retour en Belgique, il s'est mis à fréquenter une paroisse, et a été confirmé en 2006.
La vocation n'a pas tardé: "Pour moi, la conversion et la vocation sont très liées. J'ai d'abord pensé être moine, devenir prêtre était une alternative qui venait en second lieu. J'ai fait différents essais dans des abbayes, je passais la plupart de mes congés en retraites".
En 2010, Pascal a donné sa démission chez NGK Ceramics, où il étgait chef de service, pour intégrer l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, près d'Orléans, comme postulant pendant un an puis comme novice pendant 10 mois.
"Cette première année a été une année de conversion de fond, très riche. La pose des fondations. Mais à force de rencontrer des prêtres là-bas, j'ai compris que j'étais appelé à être dans le monde et pas en retrait du monde. Alors je suis revenu à Tournai où j'ai demandé à entrer au séminaire, en 2012".

Pascal Cambier
Retrouvez l'intégralité des interviews des trois futurs prêtres sur le site internet de l'Eglise de Tournai: