En a-t-il accueilli des touristes, de passage en Terre sainte. Figure emblématique, le curé de Nazareth ne cessait d'œuvrer en faveur de la paix. Son décès le 18 février sonne le glas d'un dialogue interreligieux nourri.
Né en 1947 à Nazareth et décédé le 18 février 2024, Emile Shoufani avait été honoré par un prix de docteur honoris causa remis à l'UCLouvain en 2004. Véritable rouage de la paix dans un lieu marqué par les tensions, le curé de Nazareth n'a cessé d'œuvrer pour le rapprochement des communautés.
Lors d'une rencontre en 2003, lui qui avait dirigé un établissement scolaire à Nazareth soulignait combien la présence des touristes chrétiens était nécessaire à la vie sur place. "L'influence des touristes est très importante, cruciale même."
"Je ne me sens pas minoritaire"

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"Malgré leur petit nombre, la présence des chrétiens reste importante dans les lieux saints. Ce sont des chrétiens des temps apostoliques. Nous sommes des Arabes, avec la volonté de vivre en union totale avec le monde de l'Orient. Nous ne sommes pas seulement des chrétiens qui habitons ces régions, mais nous avons une identité arabe chrétienne, à côté des musulmans. Les chrétiens d'Orient peuvent être les interprètes du monde musulman. L'avenir de l'humanité dépend de ce dialogue entre chrétiens et musulmans", affirmait le curé de Nazareth, lors de la rencontre de pèlerins emmenés par les Médias catholiques. Et de poursuivre : "La deuxième Intifada a marqué une coupure totale entre les mondes juif et arabe. Il n'y a plus eu de parole entre les deux communautés pendant deux ans. Des 400 organisations jadis communes, seules 7 subsistent encore. Lorsqu'ils sont effrayés, les gens se replient sur eux-mêmes. Le peuple juif souffre depuis deux mille ans. Il a connu la Shoah. Il importe de regarder un problème à travers la souffrance de l'autre. Or le monde arrive avec des solutions toutes faites, sans jamais rencontrer et écouter ce que l'autre vit. Les mentalités sont étouffées par les politiciens qui parlent de peur et de sécurité." Des propos d'une réelle actualité, plus de dix ans plus tard. "A l'intérieur d'Israël, la menace physique est le moteur de tout. Elle étrangle les gens et empêche que tout discours soit prononcé librement. La paix viendra par la rencontre personnelle. A l'école St-Joseph, l'influence sur les élèves musulmans est effective. Ils deviennent de véritables porte-drapeaux. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre, de militer en faveur ou en défaveur. De telles prises de position n'aident personne. A l'inverse, apporter le dialogue est indispensable. Ensuite, il faut prier pour que les communautés chrétiennes retrouvent la voie de l'Evangile, sinon on aura uniquement des institutions. Enfin, la solidarité reste indispensable."
Angélique TASIAUX
Un message de paix
Fin 2012, le curé de Nazareth, était de passage en Belgique pour une série de rencontres et de conférences. Interviewé par CathoBel à cette occasion, le père Shoufani adressait un message de paix et d'unité.

