Philippe Mawet, ex-curé de Sainte-Alix: « J’aime comparer les prêtres à des arbres »


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Philippe Mawet, ex-curé de Sainte-Alix: « J’aime comparer les prêtres à des arbres »
Par Vincent Delcorps
Publié le - Modifié le
3 min

Cette semaine, le journal Dimanche s’intéresse à la figure du curé de paroisse. Quelle est la spécificité de sa mission? Et est-il bon qu’un même curé reste longtemps sous un même clocher? Ou faut-il privilégier des changements d’affectation fréquents ? Philippe Mawet, longuement curé de la paroisse Ste Alix à Bruxelles, nous partage son point de vue.

Après avoir été curé pendant 25 ans à Woluwe-Saint-Pierre, Philippe Mawet vient d’accéder à la pension. Pour lui, moins que les besoins des organigrammes, c’est la vocation propre de chaque prêtre qui doit guider le choix des missions. Evidemment, au fil du temps, le monde a changé. Le rôle du curé aussi. L’homme, pour autant, aime rappeler l’essence – en même temps que l’essentiel – de la mission du curé. « Le curé est celui qui prend soin. Et franchement, je peux vous dire qu’en tant que curé, rien de ce qui était vécu par un membre de ma communauté ne m’était indifférent. Etre curé, je crois que c’est d’abord ça… » Inévitablement, le curé se distingue aussi par sa capacité à donner des sacrements. « Et je crois vraiment aux sacrements », insiste-t-il. « On risque parfois de réduire le rôle du prêtre à des questions de fonctionnement. Au niveau fondamental, pourtant, l’enjeu consiste d’abord à faire vivre la relation au Christ. »

Des ordinations temporaires?

Philippe Mawet est conscient que la diminution du nombre de prêtres affecte précisément la vie sacramentelle. Une solution? « Pour moi, la question consiste moins à autoriser des laïcs à présider l’eucharistie qu’à favoriser l’ordination de laïcs. Je crois vraiment qu’il faut réfléchir à l’élargissement des conditions de l’ordination. » L’homme ne possède pas pour autant de réponse aux questions qui se posent. « En particulier, je cale sur l’une d’elles. Comme l’Eglise, j’ai toujours considéré que l’ordination était à vie. Pourrait-on ordonner quelqu’un pour un seul sacrement? Pourquoi pas. En revanche, pour un temps limité, je le conçois plus difficilement… »
Autre question: à partir du moment où il y a moins de prêtres, est-il encore pertinent de les envoyer prioritairement en paroisse? « Les prêtres doivent être présents là où leur vocation leur permettra d’être bons », tranche Philippe Mawet. « Il faut moins réfléchir en termes d’organigramme qu’en observant les vocations. Il faut permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même. » Pour autant, le prêtre est convaincu de l’importance de la paroisse. « Parce qu’elle est le lieu du tout-venant », s’explique-t-il. « Si on perdait cette dimension, on courrait le risque de transformer l’Eglise en club, seulement composée des habitués. C’est un risque énorme! »

L’humain et les fruits

Passer cinq lustres sous le même clocher: Philippe Mawet est conscient du caractère exceptionnel de la chose. Existe-t-il pour autant une durée idéale? « J’aime comparer les prêtres à des arbres », répond-il. « Certains, on les transplante une fois et ils crèvent. D’autres, plus on les transplante, plus ils grandissent. Pour ce qui est des prêtres, le discernement est donc très important. Objectif: que l’humain soit premier. Car quand l’humain est premier, on a des fruits extraordinaires. Il faut aussi discerner au niveau de la communauté: parfois, c’est pour elle qu’il est bon qu’il y ait du changement. »

Vincent DELCORPS

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Le 23 octobre, l’abbé Philippe Mawet était notre invité dans l’émission Pleins feux. Le moment venu de prendre sa retraite, il jette un œil dans le rétroviseur et partage son regard sur l’évolution de l’Eglise et de la société. Philippe Mawet, ancien directeur de RCF Bruxelles et de la RTCB (Radio Télévision Catholique Belge) évoque aussi son attachement profond pour les médias: « l’Eglise sans une présence dans les médias, ce n’est plus l’Eglise ».

Catégorie : Sens et foi

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