Comment (bien) prier le chapelet?


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Comment (bien) prier le chapelet?
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
5 min

C'est un objet qui est totalement entré dans l'inconscient collectif. Surtout depuis que la mode s'en est emparé, que les joueurs de foot en ont fait un motif de tatouage en vogue. Mais savez-vous d'où vient le chapelet ? Et surtout, comment l'utiliser?

Comment prier le chapelet ?
Le chapelet peut aider le priant à donner un sens nouveau à la contemplation.

Des supports de prière semblables à une cordelette parsemée de nœuds ou un collier de grains ou de perles, on en retrouve bien entendu dans d'autres traditions religieuses. Quelle est la spécificité du chapelet catholique? Quelle est son histoire? Comment l'utiliser?

Mala, nenju, misbaha et tchotki sont des variantes du chapelet

D'origine asiatique, le chapelet (appelé mala ou nenju) est, dans l'hindouisme et le bouddhisme, un support de méditation qui aide à focaliser l'attention du méditant.

Chez les musulmans, le "misbaha" est constitué au départ de grains de dattes, puis de perles, 99 au total pour les 99 noms d'Allah (parfois aussi 33 que l'on récite alors trois fois).

Le plus grand chapelet du monde se trouve au Liban

En Orient, aux premiers siècles de l'ère chrétienne, on sait que des ermites, en Egypte, utilisaient également un semblable objet de soutien à la prière.

Enfin, le tchotki (en russe) est une variante de chapelet utilisée par les orthodoxes et les catholiques orientaux. Il est aussi appelé chapelet byzantin. Confectionné en laine, il est composé de 30, 33 ou 100 boules ou nœuds. On les utilise en récitant sur chacun " Seigneur Jésus Christ, Fils du Dieu Vivant, aie pitié de moi pécheur ! ".

Le "chapelet catholique" aurait de lointaines origines asiatiques. Les bouddhistes utilisent encore un mala pour prier. (c) pixabay

Que signifie le mot chapelet?

Dans le Moyen Age occidental, le chapelet a d'abord porté le nom de "patenôtre" (du latin, pater noster, Notre Père); il deviendra aussi un objet de dévotion mariale sous l'impulsion de saint Dominique à qui la tradition attribue l'invention du rosaire (voir ci-dessous).

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L’origine du terme "chapelet" provient du fait que les communautés et les familles possédaient une statuette de la Vierge sur la tête de laquelle on déposait une couronne de roses. Pour chaque rose, l'on récitait une prière. Cette coiffure florale a induit le mot chapeau, chapel en vieux français, qui lui-même vient du latin caput (tête). Le chapelet est ainsi né.

Comment prier le chapelet ?

Notre chapelet présente une succession de 50 petits grains groupés par 10, chacun correspondant à un Je vous salue Marie. Chaque série est séparée par un plus gros grain (5 au total) pour lequel on récite un Notre Père. Chaque dizaine doit également se terminer par un Gloire au Père.

Le chapelet débute toujours par la croix ou le crucifix qui invite à faire le signe de croix puis à réciter le symbole des apôtres (credo). S'ensuit un Notre Père, puis trois Je vous salue Marie et enfin un Gloire au Père, avant de commencer la première dizaine.

S'il est un objet de dévotion mariale, le chapelet n'est en pas moins tourné vers le Christ.

Comment prier le chapelet ?
Grain après grain, le priant entre profondément dans la contemplation tournée vers le Christ grâce à Marie.

Et le dizainier ?

Surtout populaire chez les scouts, le dizainier (comme son nom l'indique) représente une dizaine du chapelet. Constitué de 10 grains et d'une croix, il commence toujours par un Notre Père et se termine par un Gloire au Père, chaque grain correspondant, comme pour le chapelet, à un Je vous salue Marie.

Rosaire, chapelet, quelle différence?

Comme indiqué plus haut, le rosaire aurait été popularisé par saint Dominique, fondateurs des Dominicains. Son nom est assez naturellement lié aux roses dont était couronnée la Vierge à partir du Moyen Age.

Cette dévotion aurait ensuite été entretenue par différents papes, dont Grégoire XII qui institua la fête de Notre-Dame du Rosaire pour célébrer la victoire des chrétiens sur les Turcs à Lépante. Une dévotion encore d'actualité puisque le pape François avait lui-même lancé un rosaire pour la paix dans le monde en mai 2022.

Mais en quoi consiste un rosaire? Il s'agit en réalité de trois chapelets pendant lesquels le priant est amené à méditer les mystères joyeux, glorieux et douloureux de Marie. Par sa lettre encyclique Rosarium Virginis Mariae, saint Jean-Paul II donna à l’Église une quatrième série de mystères : les mystères lumineux.

Réciter son chapelet en ligne, c'est possible!

Il existe aujourd'hui des applications pour prier le chapelet. Afin de participer à la diffusion du Rosaire dans le monde grâce aux technologies actuelles, le réseau social de prière Hozana, créé par des Français, a lancé l’application « Rosario » téléchargeable sur smartphones et tablettes, avec l’idée de mettre en pratique le concept du « Rosaire vivant », imaginé par Pauline Jaricot au 19e siècle.

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L’application Rosario permet donc de créer des groupes de 5 personnes qui se connaissent; chaque membre reçoit chaque jour un mystère du Rosaire à méditer, avec un court texte pour guider la méditation. Quotidiennement, chaque membre s’engage à réciter une décade en méditant sur le mystère qui lui a été confié. À la fin de la journée, si les cinq membres ont prié, le Rosaire vivant est complet.

Le chapelet est-il devenu un accessoire de mode?

Depuis quelques années, le chapelet a rejoint le rayon des accessoires de mode, tel un bijou parmi d'autres. Certains vont même jusqu'à l'imprimer dans leur chair, à l'image du joueur de football belge, ancien Diable rouge, Axel Witsel. « Il a toujours son chapelet sur lui, sauf lors des matchs où c'est interdit. Alors il voulait se le faire tatouer pour l'avoir vraiment avec lui tout le temps" confiait à l'époque Jean-Pierre Mottin, de Calypso Tattoo à Liège.

Yohan Cabaye et Mathieu Debuchy portent l'un et l'autre un chapelet sur le bras et le torse. Si Olivier Giroud est le joueur de football français international qui parle le plus ouvertement de sa foi, il n'a pas de chapelet tatoué sur le corps mais bien un psaume. Par contre, un autre Bleu (encore!) Antoine Griezmann arbore un chapelet tatoué sur son avant-bras droit.

Sophie DELHALLE

Catégorie : L'actu

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