Edito – Benoît, les Mages et le centre


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Edito – Benoît, les Mages et le centre
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min
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Vingt août 2005, nous sommes sur Marienfeld, plaine immense située dans la banlieue de Cologne. Autour de nous, plusieurs centaines de milliers de jeunes. Ces Journées Mondiales de la Jeunesse sont placées sous le signe des Mages dont les reliques sont adorées dans la ville allemande. Si nous sommes là, c’est parce que "nous sommes venus L’adorer", comme l’indique le slogan. Nous nous apprêtons à vivre le week-end final – on nous a promis l’apothéose – en présence du pape. Le nouveau pape, bien sûr. Celui qui vient d’arriver après celui que l’on avait cru éternel.

Ce soir, Benoît est là. Il est au centre mais il n’est pas le centre. Il est au centre mais il est légèrement en retrait. Il lit ses textes tranquillement, emploie peu la première personne, ne fait pas de grand geste, n’apparaît que rarement sur les écrans géants. "Jean-Paul II est présent avec nous en cette heure", nous dit-il. Mais le pape allemand n’a pas tout à fait le style du pape polonais. "Benoît XVI s’impose par un style plus modeste que son prédécesseur", écrira une journaliste. Dans un silence éblouissant, le pape nous propose un temps d’adoration. Il nous invite à nous tourner vers le Christ. Le vrai centre.

Cinq janvier 2023, bienvenue sur la place Saint-Pierre de Rome. Autour de vous, plusieurs dizaines de milliers de personnes. A la veille de l’Epiphanie, elles sont venues rendre hommage à Joseph Ratzinger. Ce matin, à l’aube de son entrée dans la Vie éternelle, Benoît est là. Il est au centre mais il n’est pas le centre. La messe de ses funérailles est brève, simple, entrecoupée de longs silences. Dans son homélie, le pape François évoque peu la figure du défunt – trop peu, diront certains. Il parle plutôt des fruits d’une vie qui se laisse offrir au Christ. Le vrai centre.

Si François est le pape des périphéries, Benoît est le pape du centre: celui qui, comme les mages, nous invitait à aller vers le Christ. Et sans doute ne pourrions-nous rendre plus bel hommage au pape défunt qu’en tâchant, nous aussi, de chercher ce Dieu qui ne cesse de renaître. En le scrutant dans nos vies. En nous prosternant devant lui.
Avant de repartir, par des chemins toujours nouveaux.

Vincent DELCORPS

Catégorie : En dialogue

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