
Mgr Luc Van Looy
Aujourd’hui, vendredi 28 septembre, Mgr Luc Van Looy, évêque de Gand, fête son 77ème anniversaire. Cette information passerait inaperçue si le pape ne lui avait demandé, en réponse à sa lettre de démissio envoyée le jour de ses 75 ans, de prolonger sa charge deux années durant. Rome va, probablement, entamer maintenant les consultations pour lui désigner un successeur.
Mgr Luc Van Looy a encore une fois adressé un courrier au Saint-Père pour lui rappeler que son épiscopat avait été prolongé deux ans lors de son 75ème anniversaire, et que ces deux années sont maintenant écoulées. "Une nouvelle prolongation? Personnellement, je ne le crois pas", a dit l’évêque de Gand. "Si on me demandait de continuer, je demanderais explicitement pourquoi. Mais je ne crois pas qu’on me le demandera. Ce ne serait en tous cas pas la méthode de travail que je privilégierais… Mais évidemment que je ferai ce qu’on me demande de faire".
Église missionnaire
Cependant, le Salésien infatigable ne compte pas se reposer. Ce soir lui est offert un concert d’anniversaire et un nouveau livre avec 365 textes repris de ses homélies, discours et conférences (In de naam van de Vader, Halewijn, 400 pages, 26,50 euros). Qui connaît un peu Mgr Van Looy, sait qu’il sera à l’entrée de la Cathédrale Saint Bavon à Gand ce soir pour accueillir lui-même les gens. Car ancien missionnaire en Corée, Van Looy a toujours prôné une Église résolument missionnaire. "Ce ne sont pas seulement les collaborateurs qui doivent rayonner de cet esprit d’ouverture" dit-il. "L’évêque aussi!".
"Une Église missionnaire est une Église qui sort de ses propres murs pour aller à la rencontre des pauvres, des réfugiés, des isolés, des gens qui ont d’autres croyances ou ne sont pas croyants", explique Mgr van Looy. "C’est une Église qui entame le dialogue avec la société civile et avec le monde laïc. Et c’est aussi une Église où tous se savent le bienvenu. Être missionnaire, cela signifie prendre le temps de rencontrer personnellement le Christ – dans la lecture divine et la prière – mais que tu ne le gardes pas pour toi, que tu partages la Bonne Nouvelle partout où tu vas".
Caritas Europe
"Je me souviens très bien de la première eucharistie que j’ai célébrée dans mon village natal – Tielen en Campine anversoise – après mon ordination épiscopale en février 2004", raconte-t-il. "L’évêque d’Anvers de l’époque, Mgr Paul Van den Berghe, était présent et il m’a rappelé qu’un évêque est toujours évêque de l’Église universelle. Je n’ai jamais oublié ses paroles". Même après sa nomination à Gand, Luc Van Looy n’a cessé de voyager dans le monde entier. Depuis mai 2015, il est aussi Président de Caritas Europe, et ce mandat a été renouvelé jusqu’en 2019.
Synode des jeunes
Par ailleurs, le pape François vient d’ajouter Mgr Van Looy a sa liste d’invités pour le synode consacré aux "jeunes, la foi et le discernement vocationnel", qui se réunit mercredi prochain, le
3 octobre, à Rome. "J’y prendrai la parole dès que j’estimerai que cela est opportun", dit-il. "Je crois que je peux faire prévaloir mes expériences de Salésien, mais aussi ma connaissance du contexte occidental. Il y aura évidemment aussi d’autres voix lors du synode, et d’autres visions sur comment faire de la pastorale des jeunes. J’ai l’avantage de bien connaître aussi le contexte des pays asiatiques".
"Il est vrai que pour beaucoup de jeunes occidentaux, l’Église structurée n’est pas toujours attrayante. Cela n’est pas grave: être chrétien ou non ne correspond pas d’office au fait d’aller chaque dimanche à la messe ou pas. Ce qui compte avant tout, c’est d’orienter les jeunes vers le Christ". Lors des Journées Mondiales des Jeunes (JMJ) à Cracovie par exemple, Van Looy avait signalé une belle statue du Christ au jeunes auxquels il faisait la catéchèse, et il l’avait contemplé avec eux. "Après, ils ont fait des selfies avec le Christ; bonne chose car ainsi, ils emportaient le Christ et son Évangile chez eux".
Benoit Lannoo
L’interview complète de Mgr Luc Van Looy sera publiée dans le Dimanche du 7 octobre 2018.