500 ans de la Réforme: quel impact dans nos Eglises?


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500 ans de la Réforme: quel impact dans nos Eglises?
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

Le 31 octobre 1517, Martin Luther publiait ses 95 thèses contre les indulgences. Cette date a marqué le début de la Réforme protestante, dont on commémore, cette année, le 500e anniversaire. A cette occasion, la Commission nationale catholique pour l'oecuménisme a consacré sa rencontre annuelle au thème suivant: quel est, aujourd'hui, l'impact de la Réforme luthérienne dans les différentes Eglises chrétiennes.

Le 7 octobre dernier, la Commission belge catholique pour l'oecuménisme a tenu sa 51e rencontre annuelle, à l'abbaye Saint-André, près de Bruges. En présence de Mgr Johan Bonny, évêque d'Anvers et évêque référendaire pour l'oecuménisme, et de représentants des différentes Eglises chrétiennes en Belgique - catholique, orthodoxe, luthérienne, évangélique - , les intervenants ont tenté d'apporter un éclairage sur l'apport de la Réforme luthérienne au christianisme. Une manière de faire le bilan du chemin parcouru après 50 ans de dialogue oecuménique, mais également d'envisager l'avenir des relations entre Eglises chrétiennes avec réalisme et sérénité. Une manière, également, de faire le point sur ce que nous partageons déjà, tant au niveau théologique que spirituel et pastoral.

Après le mot d'accueil de Mgr Bonny, et un aperçu des grands événements oecuménique de l'année exposé par le Père Thaddée Barnas, du Monastère de Chevetogne, quatre théologiens de différentes dénominations – luthérien, catholique, orthodoxe et évangélique, Orthodoxe et Catholique – ont aidé les personnes présentes à commémorer les 500 ans de la Réforme.

Annemarie Mayer, théologienne catholique et professeure à la faculté de théologie de la KU Leuven, a rappelé que l’adage de la Réforme, Ecclesia semper reformanda ("L'Eglise doit se réformer sans cesse") peut, en fait, s'appliquer à toutes les Eglises chrétiennes. Nos Eglises doivent en effet se renouveler constamment, ce qui se fait, entre autres, à travers le dialogue oecuménique. C'est ainsi que, à la suite du concile Vatican II, le pape François appelle l'Eglise à être davantage synodale.

L’Eglise Orthodoxe, quant à elle, doit se réformer en quatre sens, selon la position d'Antoine Arjakovsky, théologien orthodoxe français: le renouveau liturgique, la relecture de l’histoire en commun, repenser "la coopération nécessaire entre l’Eglise et l’Etat" et apprécier la contribution de chaque personne, dont aussi des ‘charismes proprement féminins’.

Un protestantisme différencié, un catholicisme universel et local

Certains des participants ont peut-être été surpris du fait que les deux orateurs protestants ont apporté une nuance différente concernant le type de réforme nécessaire à nos Eglises: le pasteur Bruneau Jousselin, de la paroisse protestante du Musée à Bruxelles, a estimé que, à la suite de Luther, l’homme doit être aidé dans nos sociétés "post-postmodernes", à expérimenter la proximité libératrice de Dieu. Jelle Creemers, théologien évangélique, a quant à lui rappellé que les mouvements de renouveau dans les Eglises évangéliques et pentecôtistes sont souvent accompagnés d’affirmations de leur propre identité par rapport à d’autres Eglises, et que l’ouverture œcuménique prudente dans son Eglise ne doit pas être étouffée.

Peut-être les Eglises chrétiennes peuvent-elles s’entraider, clarifier mutuellement leur identité, et même ‘refaçonner leurs identités de manière commune’, comme l'a résumé, à la fin de la journée, le professeur Peter de Mey, président de la Commission nationale catholique pour l'oecuménisme. Selon ses propos, résumant les interventions de la journée, "l’identité de l’Eglise catholique romaine ne doit plus être comprise comme partant "du haut", par contraste avec l’identité protestante, et avec la caricature à laquelle souscrivent beaucoup de chrétiens orthodoxes, celle d’une Eglise Catholique universaliste". Vatican II a en effet également affirmé la valeur de l’Eglise locale – même au niveau des communautés de base, comme l’a souligné le pape François dans Evangelii Gaudium – mais en combinaison avec une valorisation de l’Eglise universelle comme communion d’Eglises locales.

Un défi pour toutes nos Eglises est de savoir comment des chrétiens vivant dans nos sociétés occidentales peuvent s’approprier l’expérience de foi de Luther. Au plan théorique – comme l’a souligné Annemarie Mayer - luthériens et catholiques peuvent déclarer ensemble, dans la Déclaration Conjointe sur la Doctrine de la Justification (1999), "que c’est seulement par la grâce que nous sommes acceptés par Dieu". Beaucoup de chrétiens n’ont-ils pas perdu "cette véritable attitude de repentance et de pénitence", à laquelle appelait Luther ? L’appel lancé par le pasteur Jousselin, sur base de l’expérience de foi de Luther, doit être constamment vécue par chacun de nous : "Chaque matin, vis la grâce de ton baptême."

C.H., d'après Peter de Mey

Photo: Le pasteur Bruneau Jousselin, (c) KNCO

 


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