Depuis le début de l’Avent, les évêques flamands, ainsi que leurs confrères néerlandais, invitent les fidèles à réciter une nouvelle version du Notre Père.
Cinquante ans après le Concile Vatican II, les catholiques de Flandre et des Pays-Bas disposent enfin d’un texte commun du Notre Père. Cette nouvelle traduction est un prélèvement de la traduction du nouveau missel liturgique en préparation depuis quelque temps; elle fait l’objet d’un accord dans la commission hollando-flamande qui travaille sur ce nouveau missel et elle a été approuvée par Rome il y a plus d’un an. Mais les évêques flamands ont préféré attendre un moment propice pour lancer ce nouveau texte de la prière des chrétiens par excellence. Ils l’ont fait au début de cette nouvelle année liturgique. "Toute l’espérance de l’Avent est contenue dans le Notre Père", expliquent-ils dans la lettre pastorale qui a été lue dans toutes les paroisses de Flandre, "l’espérance que le règne de Dieu vienne et que Son rêve advienne pour l’homme et pour Sa création".
Les remaniements par rapport à l’ancien texte en néerlandais sont minimaux. La nouveauté la plus apparente est celle du verset "ne nous soumets pas à la tentation". "En breng ons niet in beproeving” remplace dorénavant “en leid ons niet in bekoring”. “Le mot bekoring est associé dans le langage courant avec une séduction par quelqu’un ou quelque chose d’alléchant", explique le secrétaire de la commission interdiocésaine de la liturgie, le jeune chanoine gantois Joris Polfliet. "Beproeving couvre bien mieux le mot grec ‘peirasmos’ du texte original des évangélistes."
Mais tout comme les évêques dans leur lettre pastorale, le chanoine Polfliet souligne que ce léger remaniement doit avant tout mener à une catéchèse renouvelée du Notre Père. "Cette nouvelle traduction ne doit être ni un problème ni une difficulté", dit-il. "Mais elle doit nous apprendre à prier davantage ‘comme nous l’a appris le Sauveur’. Sans doute que l’apprentissage du nouveau texte se fera comme celui de l’euro remplaçant le franc belge: les enfants n’apprendront plus l’ancien texte et n’éprouveront donc pas de problèmes… Mais nous devrons faire des efforts supplémentaires pour l’apprendre aux adultes en profitant de l’occasion pour méditer davantage la profondeur de la prière privilégiée des chrétiens."
Benoit LANNOO
Depuis le début de l’Avent, les évêques flamands, ainsi que leurs confrères néerlandais, invitent les fidèles à réciter une nouvelle version du Notre Père. 