Lors de la veillée de clôture de la Semaine pour l’Unité des Chrétiens, fin janvier, Mgr Jean Kockerols, évêque auxiliaire de Bruxelles, a appelé les Eglises à "mieux s’exprimer ensemble dans un contexte de dénigrement systématique de notre héritage chrétien, unique et irremplaçable".
La veillée œcuménique en fin de la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens avait lieu cette année à la Cathédrale orthodoxe des Archanges Michel et Gabriel, au centre de Bruxelles. L’hôte de la soirée, le Métropolite Athénagoras de Belgique, s’est excusé à la fin de la veillée: "elle était peut-être un peu longue, mais nous avons voulu vous apprendre à apprécier la richesse de la liturgie orthodoxe ». Avec des chorales byzantines, roumaines et polonaises et la participation d’évêques, prêtres et diacres orthodoxes des traditions grecques et slavonnes, arméniennes et coptes et d’autres encore, l’orthodoxie forme déjà un monde de diversité à lui-même. Ainsi, Mgr Athénagoras, lui-même du patriarcat œcuménique de Constantinople, avait invité l’archevêque Simon du patriarcat de Moscou et les prêtres arménien Zadik Avedikian et copte Aghabious. De même Jelle Brouwer, vice-président de l’Eglise protestante unie de Belgique et Lydia Lehmann de la commission pour les contacts interconvictionnels du Synode fédéral des églises protestantes et évangéliques de Belgique avaient tenu à être présents, tout comme le chanoine Jack McDonald de l’Eglise anglicane. L’Église catholique quant à elle était représentée par le nonce apostolique, Mgr Augustine Kasujja, l’évêque auxiliaire de Bruxelles, Mgr Jean Kockerols et Mgr Herman Cosijns, secrétaire de la Conférence épiscopale belge. C’est à ce dernier que les organisateurs avaient demandé de préparer une homélie.
La main du Seigneur
Mgr Kockerols a développé le thème de cette Semaine de l’Unité des Chrétiens – « Ta main droite, Seigneur, éclatante de puissance » (Exode 15,6) – en trois étapes. Premièrement : il s’agit d’une main divine qui rassemble et réunit. « Mais ce serait manquer de cohérence si nous ne demandions pas aussi et d’abord l’unité et la réconciliation au sein même de nos propres communautés, de nos propres églises », a décalré l’évêque de Bruxelles. « Plus profondément encore, demandons que le Seigneur fasse l’unité en nous-mêmes, dans notre cœur. Car dans un monde divisé et déchiré, nous sommes souvent aussi divisés en nous-mêmes, partagés, dispersés. Demandons au Seigneur un cœur réconcilié : avec lui et avec nous-mêmes. »
Mgr Kockerols a poursuivi: « l’unité ne fera jamais abstraction de la diversité, sinon elle ne serait qu’uniformité, insipide et incolore. » Pour lui, la main divine est une main qui inspire la confiance, « car la diversité parfois bouscule ou remet en question.» Quand des chrétiens de différentes confessions se côtoient, « ils ne sont pas habitués à prier dans telle ou telle langue, ou à lever les mains au ciel ou à s’agenouiller, ou que sais-je encore. Ils ont aussi différentes opinions sur des questions de foi ou de morale. La confiance n’est pas une évidence", a insisté l'évêque auxiliaire.
Enfin, la main divine est aussi une main qui donne la force du témoignage. « Si nous partageons les mêmes défis, nous avons à l’occasion à nous adresser au monde et à la cité ensemble, cum una voce, en agissant d’un seul cœur, en témoignant unis de ce qui nous fait vivre. C’est ainsi que notre unité en gestation s’affermira. » Pour l’évêque auxiliaire, « les Eglises chrétiennes devraient mieux se concerter pour faire entendre la voix des chrétiens face aux grandes questions auxquelles la cité est confrontée. » Et c’est dans cette optique que Mgr Kockerols a plaidé explicitement pour une expression plus commune des Églises face au « contexte de dénigrement systématique de notre héritage chrétien ». Il s’agit en effet d’un « héritage unique pour aujourd’hui et pour demain. »
Benoit Lannoo
