Le train pour Lourdes a quitté la gare de Namur, mercredi, un peu avant 18h. A son bord, des pèlerins dont une centaine de malades. Des médecins aussi, des infirmières et des hospitaliers. Des hommes et des femmes qui n'imaginent plus ne pas accompagner, au moins une fois par an, des moins valides dans la cité mariale. ''La grande famille de Lourdes'', c'est ainsi que les pèlerins l'appellent, va vivre, durant ces quelques jours, des moments de foi, d'amitié. Des journées au cours desquelles, une attention toute particulière est accordée à la personne qu'elle soit porteuse ou non d'un handicap.
De l'effervescence dans une gare, rien de plus normal. Mercredi, sur le quai 7 de la gare de Namur, les valises envahissent l'espace. On s'interpelle. On s'embrasse. Un peu d'émotion parfois... Les yeux brillent en retrouvant un camarade avec lequel on a déjà vécu un pèlerinage. Les hospitaliers reconnaissables à leur foulard bleu et blanc noué autour du cou et/ou à leur tablier blanc sont partout à la fois. Rapidité et efficacité ne font qu'un! Ils montent les valises dans le train, les placent dans les endroits prévus pour les bagages. Et même si le voyage dans le train sera long - l'arrivée est prévue ce mercredi, en fin de matinée - tous sont pressés d'embarquer, de trouver leur compartiment. Les premiers thermos sortent des paniers... Dans quelques heures, ils seront rejoints par les jeux de cartes. En attendant, ça papote et ce sera comme ça pendant tout le voyage. Seul moment de pause lorsque les uns et les autres rejoindront leur couchette pour quelques heures de sommeil. Ça c'est dans le meilleur des cas. Car, entre le bruit du train et les ronflements de certains compagnons de pèlerinage, pour certains, les bras de Morphée ne seront pas faciles à rejoindre...
1.060 diocésains
Ce pèlerinage de septembre à Lourdes est le plus important, en terme de fréquentation, de l'année. Ce sont 1.060 pèlerins qui vont vivre ces journées dans la cité mariale. L'abbé Philippe Goffinet, doyen de Dinant est aussi directeur des Pèlerinages Namurois: ''Un pèlerinage se prépare deux ans à l'avance: il faut réserver le train, les lieux d'hébergement... Il faut passer par un long travail en amont pour que tout se passe bien le moment venu. On doit prévoir, par exemple, le matériel nécessaire, durant le voyage, pour les moins valides: alèses, langes... Et tout embarquer dans le train.'' Chaque malade a été invité à remettre un dossier médical avec le traitement qu'il doit suivre. Monique Cunin, infirmière au Foyer Saint-François, est responsable de la quinzaine d'infirmières qui part avec les pèlerins. Elle prend quelques jours de vacances pour se mettre au service de tous. ''C'est une MRS (Maison de Repos et de Soins) qui est installée dans le train avant de l'être à Lourdes cette fois.'' Monique vivra avec les malades 24 heures sur 24. Claude, son époux est du voyage comme Sarah, sa fille, elle aussi infirmière. Ombeline, 3 ans, sa petite-fille a également embarqué. ''Chaque année, c'est un de mes petits-enfants qui part. On les plonge dans le bain de Lourdes pour s'assurer que la relève sera là'', ajoute, dans un large sourire, Monique.
Plongés aussi dans le bain de lourdes, des étudiants. Certains viennent de l'INDA à Arlon et se forment pour devenir assistant familial, les autres de l'Henallux à Namur sont en 3ème année dans leur formation d'infirmier. Pour tous, ce pèlerinage est aussi un stage. Un peu de timidité, un peu de stress chez les uns et les autres à quelques minutes de l'embarquement. Mme Jadot, de l'INDA, est une habituée de ces voyages à Lourdes avec des étudiants. ''Pour eux, c'est avant tout une découverte relationnelle. On constate un 'avant' et un 'après' Lourdes. Au retour, tous disent qu'ils ont gagné en maturité.'' Ils ont été prévenus: au retour justement, ils seront -très- fatigués, les journées sont longues: ''On est aux côtés des pèlerins 18 heures sur 24.'' Du temps consacré à l'écoute de la personne mais aussi une aide au quotidien. Comme pour les brancardiers, ils les aideront à rejoindre les lieux de célébrations. Les étudiants de l'Henallux prendront, eux, en charge les soins de nursing. Au moment de l'embarquement, Maxime, Elodie, Romane... ont déjà veillé à ce que chacun soit bien installé avec, bien sûr, une priorité aux malades. (...)
Retrouvez la suite de l'article et les photos du départ sur le site du diocèse de Namur

