Le pape François a rencontré le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X


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Le pape François a rencontré le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Mgr Fellay 2Le vendredi 1er avril, le pape François a rencontré Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX), issue du schisme lefebvriste de 1988. Si rien, ou presque, n'a filtré de cette rencontre, elle est, en soi, porteuse d'apaisement et d'espérance pour l'avenir.

La Salle de presse du Saint-Siège a confirmé cette rencontre, qui a eu lieu au Vatican le 1er avril, sans donner davantage de détails sur cet entretien entre les deux hommes. La Fraternité confirme également cette rencontre, précisant que le pape François avait souhaité une rencontre "privée et informelle". En décembre 2013, le pape avait déjà brièvement salué Mgr Fellay à la Maison Sainte-Marthe, venu participer à une réunion de la commission pontificale Ecclesia Dei, l'organisme qui suit les relations entre Rome et les lefebvristes.

Le lendemain matin, samedi 2 avril, Mgr Fellay a rencontré Mgr Guido Pozzo, secrétaire de la commission pontificale Ecclesia Dei, dans le cadre des relations habituelles de la FSSPX avec cette commission. Interrogé par l'agence I.Media, Mgr Pozzo a évoqué une rencontre de 45 minutes, "très cordiale et constructive, qui représente un pas supplémentaire sur le chemin de la réconciliation que nous souhaitons" entre Rome et la Fraternité. Le secrétaire de la commission Ecclesia Dei a précisé que le Vatican "continuait son travail pour clarifier des questions doctrinales et disciplinaires."

Une main tendue

Depuis le schisme de Mgr Lefebvre, en 1988, les relations sont rompues entre la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X et le Saint-Siège. Pour rappel, en 1988, Mgr Marcel Lefebvre, farouchement opposé à certains aspects de l'aggiornamento de l'Eglise voulu par le Concile Vatican II, avait ordonné quatre évêques, contre la volonté expresse du pape Jean-Paul II, consommant ainsi la séparation de ceux que l'on appelle parfois les "intégristes" ou "traditionalistes" d'avec l'Eglise catholique romaine.

Les contacts se sont cependant multipliés ces dernières années, en particulier sous l'impulsion du pape Benoît XVI, qui a voulu favoriser une réconciliation. C'est en ce sens que, le 24 janvier 2009, la congrégation pour les évêques avait publié un décret levant l'excommunication des 4 évêques ordonnés en 1988 par Mgr Lefebvre. La décision avait alors provoqué une vague de contestations dans l'Eglise, surtout à la suite de la découverte des propos négationnistes tenus, en 2008, par Mgr Richard Williamson, l'un des quatre évêques traditionalistes (dont les trois autre se sont démarqués par la suite). Le pape Benoît avait alors écrit une lettre à tous les évêques de l'Eglise pour expliquer sa décision, espérant, écrivait-il "contribuer à la paix dans l'Eglise".

A la suite de cette levée d'excommunication, qui n'implique pas pour autant, de facto, une pleine communion des traditionalistes avec Rome, des discussions doctrinales ont été entamées, sans qu'elles aient abouti, jusqu'à présent. Si, en signe de bonne volonté, et pour aller aussi loin que possible dans l'ouverture à la "branche" chrétienne la plus conservatrice, Benoît XVI avait autorisé à nouveau, sous certaines conditions, la célébration de la liturgie d'avant Vatican II, les lefebvristes continuent de refuser certaines décisions doctrinales de ce concile, notamment le dialogue oecuménique ou le dialogue interreligieux.

Depuis l'élection du pape François, les discussions de nature doctrinale entre le Vatican et les lefebvristes sont donc restées au point mort, mais le pape argentin, dans la lignée de son prédécesseur, n'a pas caché son désir d'une Eglise réconciliée. La Fraternité Saint-Pie X, régulièrement en proie à des dissensions internes, continue de souffler le chaud et le froid dans ses déclarations. Mais dans une lettre transmise le 1er septembre 2015 au Conseil pontifical pour la nouvelle évangélisation, à l'occasion de l’organisation de l'année jubilaire de la Miséricorde, François explique que "ceux qui, au cours de l’Année sainte de la Miséricorde, s’approcheront, pour célébrer le sacrement de la réconciliation, des prêtres de la Fraternité Saint-Pie-X recevront une absolution valide et licite de leurs péchés". La FSSPX salue alors "un geste paternel" du Souverain Pontife.

L'avenir dira si cette année jubilaire permettra de relancer les discussions doctrinales entre Rome et la Fraternité.

Source: I.Media et Radio Vatican

Catégorie : Eglise Belgique

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