Il y a un demi-siècle, le concile Vatican II a rétabli le diaconat permanent. Pour fêter cet anniversaire, le Séminaire de Tournai a accueilli de nombreux diacres permanents et des épouses, issus des quatre coins de la francophonie belge.
Sous la présidence de Mgr Jean-Luc Hudsyn, évêque référendaire pour le diaconat permanent, les membres du bureau de la Commission Interdiocésaine du Diaconat Permanent avait invité l'abbé Alphonse Borras, Vicaire général du diocèse de Liège, spécialiste des ministères de l'Eglise. Celui-ci a rappelé que la Belgique a rapidement répondu à la proposition du concile Vatican II et qu'il y a déjà 46 ans que les premiers diacres permanents belges ont été ordonnés.
"L’intuition du concile était extraordinaire mais tout restait à construire, à l’époque: les premiers ont dû tenter de trouver leur place au sein des ministères ordonnés et il faut bien reconnaître qu’en 2015 il y a encore du chemin à faire", a poursuivi l'abbé Borras, ajoutant: "Mais qu’est-ce que 50 ans à l’aune des mille ans de parenthèses?" L'orateur a estimé que nous n'en étions jamais que dans les débuts, et ce "dans une Eglise totalement bouleversée par les changements culturels et sociaux".
"Au jour le jour, il convient de comprendre que les diacres sont aussi des apôtres, des envoyés qui partent en mission permanente pour que s’établissent le rêve missionnaire de l’Eglise cher à François, notre pape", a poursuivi le Vicaire général du diocèse de Liège.
Selon lui, s’il est facile de définir l’évêque et le prêtre comme pasteur, il n’est pas si facile de décrire le rôle du Serviteur tant les visages du service sont multiples. "Sont-ils des samaritains, des prophètes ou des bergers? La mission de l’un n’est pas la mission de l’autre même si, heureusement, ils sont tous habilités à servir le Peuple de Dieu dans la diaconie de la Liturgie, de la Parole et de la Charité (cf. Canon 1009 § 3)".
Devant cet ordre polymorphe, Alphonse Borras a beaucoup insisté sur une lettre de mission claire pour que chacun trouve bien sa place dans la communauté. Presque un "cahier des charges". Pour les diacres mais aussi pour tous ceux qui ont un ministère particulier.
Il a souligné qu'en un demi-siècle, l’Eglise latine occidentale s’est enrichie d’hommes ordonnés mariés qui doivent trouver un juste équilibre entre la vie en couple et en famille, et l’animation ecclésiale. "Il revient à l’épouse de trouver aussi sa place, de savoir jouer son juste rôle avec joie et discrétion (Directoire N° 61c)", a dit l'abbé Borras, précisant qu'elle n’est pas diacre et ne fait pas partie d’un "couple diaconal". "Mais nos communautés se doivent de se mettre à l’écoute des épouses et de toutes les femmes qui, en fait, sont 'les principales ministres de l’Eglise'", a dit Alphonse Borras avec une pointe d’humour.
Cette journée très dense s’est terminée par une belle conclusion de l'évêque de Tournai, Mgr Harpigny, qui n’a pas manqué de remercier chacun et surtout Jean Lahoussé, président de la Commission interdiocésaine pour ce temps hors du temps.
(D'après Jacques Delcourt)