Les évêques de Bruges, Anvers, Gand et Bruxelles poursuivent leur visite en Ukraine. Ils sont accueillis chaleureusement par les représentants de l'Eglise gréco-catholique. Et surtout, ils constatent de visu les dégâts des explosions depuis un an.

"Le fait même que je sois vivant est un miracle", a déclaré Sa Béatitude Sviatoslav au début de la rencontre avec les évêques venus de Belgique. Sa Béatitude Sviatoslav Chevtchouk, chef de l'Église gréco-catholique ukrainienne (UGCC), s'adresse aux représentants de l'Eglise belge. "Bienvenue! Merci de votre courage. Parce que venir en Ukraine, en particulier ces jours-ci, demande un courage considérable."
Sur le début de cette visite: lire Quatre évêques belges en Ukraine
55.000 réfugiés ukrainiens en Belgique
Mgr Johan Bonny a pris la parole au nom de l'Eglise belge, représentée dans cette délégation par la présence de la moitié des évêques. "Nous compatissons avec ce drame dans votre pays. Beaucoup d'Ukrainiens sont également venus chez nous, moins qu'en Pologne et en Allemagne, mais quand même beaucoup. Nous essayons de bien les recevoir", a-t-il déclaré. En Belgique, indique le P. Ivan Danchevskyi, 55 000 réfugiés ukrainiens sont arrivés, dont 1 500 sont allés à la ville de Gand, où il est pasteur.
Un programme copieux attend la délégation venue de Belgique en Ukraine: Rencontre avec le nonce apostolique, visite du séminaire de Kiev, déplacement à Lviv, et bien sûr prière pour la paix ! Cette visite est avant tout l'occasion de constater les dégâts de cette guerre sur la vie quotidienne des Ukrainiens. Voici quelques photos prises en voiture par Mgr Lode Aerts, évêque de Bruges.



La solidarité en pratique
"La visite à Irpin laisse une profonde impression, ajoute Mgr Lode Aerts. D'un côté vous voyez la destruction et la violence partout, de l'autre vous voyez aussi le soutien que les gens s'offrent les uns aux autres. À Irpin, nous avons vu les épaves de voitures, dans lesquelles des personnes ont été abattues."
Sur le site Kerknet, il poursuit son témoignage : "Des gens et des proches ont peint des tournesols sur ces épaves [NDLR : symbole de l'Ukraine], signe d'espoir et de vie, même au-delà de la mort. Nous avons également visité la ' Maison de la bonté ' (voir la vidéo ci-dessous, en néerlandais) où Dimitri distribue en outre des vêtements et autres biens qui ont été collectés à Tielt en Flandre occidentale à la maison Tabor. Il m'exhorte à transmettre sa gratitude à tous."
"Il ne suffit pas de donner de l'argent et du matériel..."

L'évêque de Gand, Mgr Lode Van Hecke raconte comment est née cette initiative entre Belgique et Ukraine. "L'idée est venue du prêtre Ivan Danchevskyi après un voyage dans son pays natal. Le père Ivan dirige la communauté ukrainienne de Gand qui se réunit à la Sint-Salvatorkerk (Saint Noël) à Gand. Il est également vicaire des communautés en Belgique. Il m'a demandé: 'Ne serait-ce pas une bonne idée si les évêques belges venaient dans notre pays ? Ce serait un encouragement pour nos gens là-bas. Après tout, il ne suffit pas de donner de l'argent et du matériel pour faire preuve de solidarité. Il faut aussi que les gens viennent voir de leurs propres yeux ce qui se passe chez nous et rencontrent des gens sur place.'"
Un autre exemple de solidarité: Une ambulance bénie par Mgr Kockerols part pour l'Ukraine
Pourquoi la délégation ne comprend-elle que la moitié des évêques de Belgique? L'évêque de Gand explique ce choix "en raison des dates et parce qu'ils n'ont pas pu voyager avec un grand groupe".
L’évêque de Bruges, Mgr Aerts, l’évêque de Gand, Mgr Van Hecke, et l’évêque d’Anvers, Mgr Bonnyainsi que Mgr Kockerols, évêque auxiliaire pour Bruxelles, sont accompagnés du prêtre Ivan et de Ségolène Mykolenko, assistante de l'évêque de l' éparchie Saint Volodymir le Grand à Paris. Une 'éparchie' correspond chez nous à un diocèse, sauf que dans ce cas il est beaucoup plus vaste : il concerne toute la France, la Belgique, le Benelux et la Suisse.
AF de B. (avec Kerknet et UGCC)
