Si en France, le 8 mai est toujours un jour férié commémorant la fin de la guerre 40-45, il n’en est rien en Belgique où les armistices des deux conflits qui ont marqué l’Europe du XXe siècle se commémorent le 11 novembre.
Pourtant, même si ce jour du 8 mai n’est pas férié, il paraît important de se rappeler que la guerre de 1940-1945 a été l’un des plus horribles conflits mondiaux. Et surtout que la politique nazie antisémite a provoqué des millions de morts en Europe, dans les camps de concentration. Cette semaine, des milliers de jeunes belges ont pris un train qu’on pourrait appeler le « train du souvenir » à destination d’Auschwitz en Pologne et ce, à l’initiative de l’Institut des Vétérans, de la Fédération Internationale des Résistants et la Fondation Auschwitz. L’objectif est de commémorer la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, mais aussi de sensibiliser les jeunes à l’horreur des camps d’extermination.
Une initiative identique avait eu lieu il y a quatre ans : le « Train de la Liberté » emportait quelques centaines de jeunes Belges vers Buchenwald, pour le 63e anniversaire de la libération du camp et le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme.
Car il y a urgence : il faut transmettre ce devoir de mémoire, particulièrement à l’heure où certains minimisent, voire nient, ce qui s’est passé durant cette période de l’Histoire. Pour avoir été à Auschwitz et à Birkenau – distant de quelques kilomètres l’un de l’autre -, je peux affirmer que l’on n’en revient pas le même. On peut avoir vu tous les films et documentaires sur les camps de concentration, il n’est rien de plus remuant que de constater et de percevoir sur place l’horreur de ce qui s’est produit là : l’organisation méticuleuse mise en place pour éliminer systématiquement ceux qui, aux yeux des nazis, ne correspondaient pas au genre humain idéal vous laisse le sentiment d’un profond dégoût, d’une tristesse profonde qui m’a fait dire « : Seigneur comme tu as dû souffrir ici ».
Vraiment, je pense qu’il serait bon que tous les étudiants de terminales fassent un jour ce qui est véritablement « le voyage de l’horreur ». Il en va du devoir de mémoire pour que cela ne se reproduise plus et de transmettre aux générations futures un message : Oui, l’homme est bon, mais il peut aussi se transformer en monstre ! Car le mal est aussi présent dans le monde. Le pape Paul VI s’était exprimé à la tribune des Nations Unies, en clamant : « Plus jamais la guerre ». Ce cri reste hélas d’actualité si l’on regarde certaines parties du globe.
« Plus jamais les camps de concentration et de mort », ai-je envie de dire aussi. Pourtant, il y a eu le Rwanda, la Bosnie, les goulags russes, les camps de rééducation politique en Chine, etc. La liste est malheureusement longue.
Ce devoir de mémoire, nous devons le préserver et le transmettre car il s’agit d’honorer ceux qui ont souffert et sont morts dans des conditions inhumaines. Il faut surtout de veiller à ce que là où nous sommes nous n’hésitions pas, surtout comme croyants, à nous indigner devant l’inacceptable.
Jean-Jacques Durré
