Port du masque non obligatoire


Partager
Port du masque non obligatoire
Par Vincent Delcorps
Publié le - Modifié le
2 min

Nécessaire ou superflu? Jetable ou en tissu? Et si jetable, quand même réutilisable? Et si lavable, à quelle température? Et à quelle fréquence? Et comment éviter la buée sur les lunettes? Et l’eczéma sur la peau? Et le variant britannique, traverse-t-il vraiment les pores des masques en tissu? Faut-il alors privilégier les masques chirurgicaux? Voire investir dans les (très chers) FFP2? Pour les enfants également? Et à l’extérieur aussi?

Obsédés. Au cours des douze derniers mois, ces questions nous ont littéralement pris la tête. Pas tout à fait surprenant: le masque s’est progressivement imposé comme un outil-clé de la lutte contre le Covid. Logique, dès lors, qu’on l’ait analysé sous toutes ses coutures. Qu’on ait essayé de l’utiliser au mieux. Et de s’y accommoder un peu.

Le plus surprenant est ailleurs: il tient dans le contraste entre l’hyper-attention accordée aux masques anti-Covid et le silence sous lequel les autres masques sont passés. Vous savez, ceux qu’on portait déjà en 2019. Et bien avant… Ceux qu’on a un jour posés sur la tête sans trop savoir pourquoi. Sans vraiment le décider. Et puis, sans trop chercher à les enlever, on a fini par
s’y habituer…

Ce sont les masques de tous les jours. Qui marquent nos visages comme nos relations. Qui nous font endosser des rôles et jouer des personnages. Ils peuvent être bien pratiques – dans la dureté du quotidien, ils nous permettent de tenir le coup, de garder la face. Mais ils peuvent aussi être bien trompeurs. Nous éloigner des autres. Nous priver de leur amitié, et, au final, nous laisser un peu seuls. Et amers… Ils peuvent aussi nous tromper. Nous éloigner de ces rêves auxquels, plus jeunes peut-être, on avait cru. Rêves d’authenticité, de douceur, de tendresse. Rêves de fraternité et rêves de vérité.

Quand pourrons-nous ôter nos masques anti-Covid? Les experts n’en savent rien. Sans doute pas tout de suite. Et en tout cas, ce n’est pas nous qui le déciderons. Quand nous débarrasserons-nous de nos autres masques? Là, les règles sont moins définies. Et puisque chacun est expert de sa propre expérience, rien ne l’empêche de lâcher du lest. D’oser se montrer un peu moins dur, et un peu plus vrai. Au final, cela pourrait même devenir l’un des beaux fruits de cette année confinée.

 

Vincent DELCORPS

Catégorie : En dialogue

Dans la même catégorie