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A la veille du sommet sur la protection des mineurs, convoqué à Rome, des évêques du monde entier se sont exprimés publiquement pour souligner le “défi urgent” de répondre aux abus tout en tempérant les attentes. Revue de presse.
En convoquant du 21 au 24 février 2019 à Rome les présidents de toutes les conférences épiscopales du monde, le pape François veut réunir l’Eglise universelle pour que chacun se sente concerné. Le problème des abus sexuels et de leur gestion "n’est certainement pas derrière nous", approuve Mgr Mark Colleridge, président de la Conférence des évêques australiens, auprès du Sydney Morning Herald.
"On ne peut plus rejeter la faute, dire que ce sont les médias ou le monde extérieur qui en voudraient à l'Eglise", soutient pour sa part Mgr Georges Pontier, président de la Conférence épiscopale française, dans un entretien au Journal du dimanche. C’est un "défi urgent de notre époque", considère Mgr Diarmuid Martin, archevêque de Dublin (Irlande) selon des propos rapportés par The Independant. Si ce dernier prélat ne sera pas présent au sommet, son pays a toutefois été particulièrement concerné par ces scandales.
Reconnaître et agir, même s'il y a prescription
Selon lui, les participants au sommet devront être "très honnêtes". "Reconnaissons tous nos échecs, n'essayons pas de les aplanir", insiste-t-il. D’autant que, comme le souligne Mgr Colleridge, "les mots ne suffisent plus" pour les victimes. Ces dernières "n'ont pas besoin de repentance permanente si les actes ne suivent pas", approuve Mgr Pontier.
Le prélat français espère donc des mesures concrètes, comme un "allongement" du délai de prescription – voire une " imprescriptibilité" – dans le droit canon pour les faits d’abus sexuels sur mineurs. Il va jusqu’à suggérer que le droit de l’Eglise soit "plus exigeant" que la justice étatique. Mgr Pontier propose également que ces affaires puissent être jugées "ailleurs que là où les faits se sont produits".
Avant tout: prendre conscience des faits
Toutefois, tempère Mgr Lionel Gendron, président de la Conférence des évêques canadiens, il ne faut pas avoir "trop d’attentes" vis-à-vis du sommet. Dans ces propos rapportés par Le Devoir, le Canadien estime que la rencontre vise "avant tout une prise de conscience". Une position déjà exprimée par le pape François dans l’avion de retour du Panama.
Le sommet "ne produira pas un plan final et achevé pour une Eglise de 1,2 milliard de personnes", analysent ainsi les évêques du Massachusetts (Etats-Unis) dans une lettre évoquée par le Boston Globe.
Viser un consensus fort et des pistes d'amélioration
Briser la loi du silence est essentiel pour éviter que les abus continuent. Si l'écoute et la recherche de solutions sont de mise pour ce sommet sur la protection des mineurs, il faudra ensuite passer aux actes pour que les victimes se sentent vraiment prises en compte. "Dire aujourd’hui aux victimes: 'Vous n’avez pas menti, c’était vrai', est déjà un grand soulagement pour elles. Mais reconnaître le problème, cela ne le supprime pas", reconnaît Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (diocèse de LGF) dans une interview au quotidien La Liberté.
Les évêques américains veulent un "consensus fort". Pour sa part, le représentant des prélats brésiliens au sommet, le cardinal Sérgio Da Rocha, espère "des indications pour améliorer les initiatives existantes".
Il est grand temps de prévenir plutôt que de guérir. Pour que tous les mineurs puissent se sentir en sécurité et que cela ne se reproduise plus.
NG avec Cath-Info

