Les évêques flamands souhaitent poursuivre le débat sur le diaconat féminin


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Les évêques flamands souhaitent poursuivre le débat sur le diaconat féminin
Par Christophe Herinckx
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Les évêques flamands ont déclaré vouloir impliquer davantage les femmes dans les questions théologiques, liturgiques et pastorales. Ils répondent ainsi à une lettre ouverte d'un groupe de femmes catholiques regrettant la récente décision du Saint-Siège de ne pas admettre les les femmes au diaconat.

Fin décembre, un groupe de femmes catholiques engagées en Flandre (Vrouwen-In-Zicht) publiait une lettre ouverte, dans laquelle elles regrettaient la récente décision du Saint-Siège de ne pas admettre, du moins provisoirement, les femmes au diaconat. Un peu plus tôt, le Vatican avait en effet publié le rapport de la Commission Petrocchi, chargé par le pape François d'examiner cette question d'un point de vue historique et théologique. Ce document indiquait que l'état des recherches excluait "la possibilité d'avancer dans le sens de l'admission des femmes au diaconat compris comme un degré du sacrement de l'ordre".

"Une profonde déception"

Adressée aux évêques, à d'autres responsables ecclésiaux et aux membres du chemin synodal, la lettre des Vrouwen-In-Zicht partageait "une profonde déception, de la douleur et de l’inquiétude" face à cette décision, soulignant que, "dans la pratique et à travers le monde, les femmes assurent déjà depuis de nombreuses années des tâches étroitement liées au diaconat, telles que la direction de célébrations de prière, l’accompagnement pastoral, le soin des malades et des pauvres, ainsi que la coordination d’équipes pastorales."

Partant de ce constat, le lettre lançait un certain nombre d'appels concrets, dont "à maintenir véritablement ouvert le débat sur les femmes dans le diaconat, d'impliquer structurellement les femmes dans la prise de décision, d'écouter activement les femmes qui se sentent appelées au ministère diaconal et de donner autant que possible de la visibilité à l'implication concrète des femmes dans les rites".

Des femmes dans la direction de l'Eglise

Les évêques flamands ont publié une réaction à cette lettre, comme le rapporte Otheo sur son site web ce jeudi 29 janvier. Ils disent comprendre la douleur et la déception des femmes et expriment également leur gratitude pour l’amour qu’elles portent à l’Église, comme en témoigne leur engagement.

Ils répondent également à cinq points évoqués dans la lettre ouverte. Les évêques soulignent qu’il n’est absolument pas question de clore le débat sur l'accès des femmes au diaconat. "Comme demandé, celui-ci reste ouvert, sans limitations imposées à l’avance", déclarent-ils. "La présence des femmes dans la direction de l’Église constitue indéniablement une richesse", poursuivent-ils. Les évêques promettent dès lors d’associer structurellement les femmes, là où cela est possible, aux processus de décision concernant les questions théologiques, liturgiques et pastorales.

Ensuite, concernant lien entre ordination et genre, ils estiment que la tradition ne doit pas être le critère décisif et que les signes contemporains des temps doivent être pris au sérieux. Les femmes qui se sentent appelées au diaconat doivent être écoutées, sans toutefois susciter de faux espoirs, écrivent encore les évêques du nord du pays. Enfin, ils insistent encore une fois sur la dimension liturgique et soulignent que "ce n'est n’est pas une bonne chose que seules des hommes assument des tâches liturgiques lors d’une célébration".

Besoin d’actions concrètes

"Nous sommes heureuses de cette réponse positive", a réagi Josian Caproens, l'une des autrices de la lettre ouverte, sur le site d'Otheo. "Nos évêques regrettent eux aussi clairement que le débat à Rome se soit arrêté et se réjouissent de notre engagement pour l’Église. Ils promettent également de réfléchir avec nous aux moyens d’offrir davantage d’opportunités aux femmes dans la liturgie et au niveau des instances décisionnelles".

Une suite concrète à cette réponse épiscopale doit maintenant être donnée, estime cependant Josian Caproens : "Nous espérons pouvoir nous asseoir avec les évêques flamands et examiner concrètement dans quels domaines les femmes peuvent recevoir davantage de responsabilités, dans le cadre des possibilités qui existent déjà."

C.H. d'après otheo.be

Catégorie : Eglise Belgique

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