L’avenir de Clerlande se dessine avec Cimes & Racines


Partager
L’avenir de Clerlande se dessine avec Cimes & Racines
Un lieu d'exception, proche du centre d'Ottignies © A. Tasiaux
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Le monastère de Clerlande poursuit sa mue, avec la création de la fondation d'utilité publique Clerlande-Transition. Les démarches administratives entérinent le projet du collectif Cimes & Racines.

Fin 2025, une fondation d'utilité publique a vu le jour sous le nom de Clerlande-Transition. Ses statuts ont été déposés au greffe le 6 janvier de cette année. Les buts de cette fondation sont explicitement "philanthropique et philosophique". Celle-ci entend notamment encourager le dialogue interreligieux, "une éthique de décentrement et une éthique de la relation au monde vivant sous toute ses formes".

"Il faut donc passer la main"

C'est à l'été 2023 que la question de l'avenir de Clerlande s'était ouverte. Créé un demi-siècle plus tôt, le monastère bénédictin se trouvait avec des moyens humains de plus en plus limités. Huit moines y vivaient encore, la majorité âgés de plus de 80 ans. "Il faut donc passer la main", déclarait le modérateur Pierre de Béthune. Un petit groupe avait alors été désigné pour réfléchir à l'avenir du lieu. Un large appel à repreneurs avait même été lancé. En mai 2024, l'on indiquait que le collectif Cimes et Racines était retenu.

Aujourd'hui, nous apprenons que la transmission du site se fera par emphytéose à la Fondation Clerlande-Transition. Le site notaires.be rappelle que l'emphytéose "permet à celui qui en bénéficie (appelé emphytéote) d’avoir le plein usage d'un bien immobilier appartenant à une autre personne (appelé le bailleur emphytéotique)." Celle-ci est généralement d'une durée de 15 à 99 ans. Dans ce cas, la durée garantie couvre 60 ans.

D'ici 2028

Cimes & Racines devrait être pleinement opérationnel d'ici 2028. Deux années nécessaires au déploiement du projet tourné autour de l'accueil, de l'organisation de multiples activités et d'une vie communautaire. Le collectif est axé autour de la transition intérieure. Son objectif ? Pérenniser un changement des modes de vie et de gouvernance. La conviction sous-jacente des porteurs du projet ? Pour actualiser une transformation aussi fondamentale, le lien aux autres et au vivant doit être pleinement repensé. Le choix du nom ne doit rien au hasard. Avec les racines, c'est tout l'héritage monastique chrétien qui se trouve évoqué, tandis que les cimes évoquent la dimension plus expérimentale du projet, qui se veut "dépourvu d'étiquette conventionnelle".

✔ A lire aussi : Qui sont les repreneurs de Clerlande ?

Parmi les douze membres fondateurs du collectif, on retrouve Claire Dierckx, charity manager, Donatienne de Borman, aumônière de prison, ou encore Pierre-Paul Renders, le réalisateur de la série Des arbres qui marchent.

L'appui des moines

Les bénédictins reconnaissent avoir été conquis par le projet de Cimes & Racines, qui apporte "plusieurs réponses" à leurs attentes. Parmi lesquelles, "l'engagement concret avec tous ceux et celles qui militent pour plus de respect de notre ‘Terre Mere’". Par ailleurs, si ce projet n'est pas "confessionnel", les moines y décèlent néanmoins "l'appel au changement intérieur et l'ouverture inconditionnelle, qui caractérisent l'évangile". Le fait que le site de Clerlande puisse rester "unifié" est un autre apport favorable aux yeux de la communauté monastique qui demeure encore sur place.

Pour obtenir l'accord des moines, la fondation a intégré leurs quatre demandes : le maintien d'un mode de vie semi-communautaire pour un minimum de cinq résidents, l'ouverture quotidienne de la grande chapelle au public, le maintien de la chapelle du Saint-Sacrement et un accès réservé aux personnes en retraite.

A. T.

Catégorie : L'actu

Dans la même catégorie