« La prochaine visite devra être conçue beaucoup plus rigoureusement »: le responsable logistique du voyage du Pape en Belgique dresse un bilan critique


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« La prochaine visite devra être conçue beaucoup plus rigoureusement »: le responsable logistique du voyage du Pape en Belgique dresse un bilan critique
Patrick du Bois ne cache pas que tout ne fut pas positif. Loin de là ! ©Photomontage CathoBel
Par Patrick du Bois
Publié le - Modifié le
4 min

Il y a un an s'achevait la visite du Pape François en Belgique. Si ce voyage permit d'intenses moments de communion, elle laissa aussi, chez certains, un goût amer. Avec le recul, c'est un bilan "en demi-teinte" que dresse Patrick du Bois. C'est lui qui coordonna les aspects logistiques du voyage pour l'Eglise belge. Voici son analyse.

L’organisation logistique de la visite du Pape François en Belgique en septembre 2025 qui me fut confiée par Mgr Luc Terlinden m’a permis d’en voir de près les fruits, mais aussi les lacunes des préparatifs. Celles-ci ne furent pas sans conséquence, aux plans diplomatique et budgétaire.

L'enthousiasme des Souverains

La rencontre avec tous les acteurs pastoraux en la Basilique de Koekelberg, le petit-déjeuner avec les sans-abris de Saint-Gilles ou la messe grandiose pour 40.000 fidèles assis dans le Stade Roi Baudouin font certes partie des fruits indéniables de cette visite du Saint-Père à notre pays.

Ayant bénéficié en Argentine de l’aide de plusieurs Belges pour le développement de projets pastoraux, le Pape François souhaitait, par sa visite en Belgique, honorer cette générosité.

L’invitation des recteurs de la KUL et de l’UCL, soutenus par Jan Jambon, à célébrer le 600ème anniversaire de nos Alma Mater fut la petite flamme qui réveilla chez le Pape le souvenir des Belges rencontrés en Argentine. Le Roi et la Reine – très enthousiastes à l’idée de la venue du Pape en Belgique - prirent le relais et remirent une invitation officielle au Saint-Père en septembre 2023. La Conférence des Evêques de Belgique fut plus informée qu’associée à ces invitations. Mgr Luc Terlinden venait juste d’être ordonné archevêque de Malines-Bruxelles. Quant au Gouvernement belge, presque en affaires courantes, il fut mis devant le fait accompli. L’implication du Premier Ministre et de la Ministre des Affaires Etrangères fut quasi nulle dans la préparation de la visite d’un chef d’Etat étranger. Il faut dire que les émissions « Godvergeten » à la VRT avaient créé en Flandre un véritable climat de défiance envers l’Eglise catholique.

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Un nonce très critique

Dans ce contexte, l’équipe d’organisation, animée par l’ancien ambassadeur Alexis Brouhns, dut relever de nombreux défis. Le premier, et non des moindres, fut l’attitude d’un Nonce apostolique très critique envers l’Eglise de Belgique. Alors qu’il aurait dû être un partenaire, il fut plus un obstacle à l’organisation et au bon déroulement de la visite. La deuxième difficulté provint des mesures drastiques de sécurité imposées par les autorités belges, mais aussi du Vatican. Toutes les personnes approchant le Saint-Père devaient être identifiées et fouillées ! Aux frais de l’Eglise de Belgique…

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Service minimum pour les télévisions publiques

Le troisième défi porta sur la retransmission de toutes les apparitions publiques du Saint-Père. Le Vatican exigeait que les images et sons soient mis gratuitement à disposition de toutes les chaînes TV du monde. Habituellement, la chaîne publique du pays hôte assure la production et la diffusion des images – ce fut le cas par France 2 à Marseille comme à Ajaccio – mais en Belgique, la RTBF et la VRT se limitèrent à quelques images furtives de l’arrivée et du départ de Melsbroek ! Toutes les autres captations, y compris au Château de Laeken, furent prises en charge par l’Eglise de Belgique.

Un cauchemar!

La coordination et le suivi des prises de parole fut un cauchemar, les services diplomatiques du Saint-Siège ne se préoccupant que très peu de l’impact en Belgique des gestes et paroles – parfois imprévisibles - du Saint-Père. Le communiqué de presse unilatéral du Vatican suite à la visite à la crypte de Laeken en fut l’illustration. Sans parler des incompréhensions réciproques à Louvain-la-Neuve ou des mots utilisés dans l’avion de retour à Rome…

Des contacts précieux avec le cardinal Prevost

Mais réjouissons-nous que le Cardinal Prévost, futur Pape Léon XIV, fit partie de la délégation qui accompagna le Saint-Père. Une rencontre chaleureuse avec les Evêques de Belgique, à l’initiative de Mgr Terlinden, permit de nouer des contacts précieux pour l’avenir des relations entre le Vatican et l’Eglise de Belgique.

Bref, la prochaine visite d’un Saint-Père en Belgique devra être conçue beaucoup plus rigoureusement que ne l’a été celle de 2024, même si elle laissa de très beaux fruits et une grande joie dans le cœur de très nombreux catholiques, comme ce fut le cas en 1985 et en 1995.

Patrick du BOIS

Catégorie : Opinions

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