Cette année, l’Eglise Protestante Unie de Belgique renouvelle sa présidence. Isabelle Detavernier-Blommaert, pasteure à la paroisse de Bruxelles-Botanique, et Emmanuel Coulon, pasteur à la paroisse de Marcinelle, sont en lice. Verdict des urnes le 17 mai prochain.
Tous les quatre ans, des élections ont lieu pour assurer la présidence de l’Eglise Protestante Unie de Belgique. Cette année, quatre personnes ont déposé leur candidature au poste de président de l’EPUB; deux d’entre elles ont été retenues.
En charge de la communication à l’EPUB, Jean-Guillaume DeMailly relève que la qualité des candidatures témoigne d’un "beau dynamisme de l’Eglise, malgré la crise des vocations et des églises moins remplies".
Une même sécularisation
La population belge compte 3% de protestants, dont 1% membre de l’EPUB. L’Eglise Protestante Unie de Belgique entretient des contacts privilégiés avec la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et la Suisse, ainsi qu’avec le Rwanda, la RD Congo et l’Afrique du Sud. "Le système belge est très influencé par le système suisse, pour des raisons historiques", nous explique Jean-Guillaume DeMailly. Les enjeux de l’Eglise protestante sont similaires à ceux rencontrés par l’Eglise catholique occidentale, avec une diminution du nombre de pasteurs et de fidèles dans les églises. Autrement dit, le protestantisme fait face, lui aussi, à la sécularisation de la société.
Deux personnalités
Comment se distinguent les candidats à l’élection de la présidence ? "Emmanuel Coulon dit volontiers qu’il a une vision plus classique de l’Eglise. Il a beaucoup travaillé sur le terrain et est allé à la rencontre des paroisses. C’est d’ailleurs sur celles-ci qu’il souhaiterait mettre l’accent." Et Isabelle Detavernier-Blommaert ? "Elle est plus novatrice dans son approche des ministères", pointe Jean-Guillaume DeMailly.
Au vu de la complexification des tâches administratives, elle propose la création d’un poste de Premier ministre (administrateur général, ndlr), afin d’accompagner le président élu. "Leurs réalités sociologiques sont très différentes", souligne encore le chargé de communication. "Le fait qu’une femme se présente aux élections est une première et tout le monde s’en réjouit. L’élection va se jouer dans un mouchoir de poche, parce que les candidats sont tous les deux très appréciés. Ce sont également de gros travailleurs. Et ils sont très investis dans l’EPUB, avec un bon réseau." Et de conclure en soulignant qu’il est "plus sain qu’il y ait un débat".
Qui vote ?
"Le système presbytéro-synodal est parlementaire", nous précise le chargé de communication. "Le pouvoir est très partagé avec des allers-retours constants entre les districts, les paroisses et le niveau national." Concrètement, un délégué est désigné pour représenter deux paroisses au sein de l’assemblée synodale. S’y retrouvent également des représentants du service protestant pour la jeunesse, du service catéchétique, de l’aumônerie, de la Faculté Universitaire de Théologie Protestante de Bruxelles, sans oublier le conseil synodal, autrement dit l’organe exécutif de l’assemblée synodale.
Une campagne menée tambour battant
Afin d’assurer davantage de visibilité, "les candidats vont se présenter devant les assemblées de district. Il y a six districts, l’équivalent des diocèses", nous détaille Jean-Guillaume DeMailly. Lors de l’assemblée synodale, le vote est tenu secret. Mais il n’y aura pas de dégagement de fumée blanche comme au Vatican ! Cette année, le vote de la présidence est prévu le 17 mai à midi, pour être ensuite divulgué officiellement à 16h. "Le président ou la présidente sera élu à la majorité des voix +1." Rendez-vous est donc pris le 17 mai !
Angélique TASIAUX

