Edito – La fécondité des religieux


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Edito – La fécondité des religieux
Par Vincent Delcorps
Publié le
2 min
© CathoBel

En certains endroits, c’est encore un tabou. Le genre de questions que l’on n’ose pas trop aborder. Bien sûr, tout le monde voit les chiffres. Surtout, chacun ressent le poids des ans, la fatigue et le manque d’élan. Les perspectives diminuent. Réduire, encore et toujours. Fermer. Survivre. Ne fût-ce qu’encore un peu…

Si la question de l’essoufflement des congrégations et communautés religieuses est difficile à aborder, c’est parce qu’elle soulève des questions profondes, intimes. Il y a quelques décennies, ces femmes et ces hommes décidèrent de consacrer leur vie à Dieu. Ils étaient alors nombreux et plein d’élan. L’avenir était riche de promesses. Auraient-ils pu alors imaginer qu’ils seraient un jour les derniers? Probablement que non. Et si tel est devenu le cas, serait-ce leur faute? N’en auraient-ils pas fait assez? Ou, au contraire, en auraient-ils fait trop? Et puis, surtout, quel est le sens de cette vie qui s’achève? Aurait-elle pu être autre? Aurait-elle dû être autre?

Individuellement, porter ces questions peut être lourd. Les porter de manière communautaire est évidemment nécessaire. Mais pas pour autant plus facile. Car ces frères et ces sœurs ne vivent pas tous les choses de la même façon. Surtout, à l’heure de prendre des décisions, des désaccords peuvent jaillir. Des tensions aussi…

C’est avec une tendresse infinie et beaucoup d’humilité que nous aimerions nous adresser à vous. Chers Pères, Mères, Sœurs et Frères, non, vous ne vous êtes pas trompés. Votre vie a été belle. Vous avez porté du fruit. Et ce n’est pas fini!

Oserions-nous vous donner aussi trois petits conseils?

1 - Regardez la réalité en face. Posez vous les bonnes questions. Sans les postposer mais en prenant le temps de les faire mûrir. Vivez ce processus avec d’autres – vos amis, des laïcs, des responsables diocésains, des professionnels du secteur…
2 - Ne soyez pas dans la désolation. Ne portez pas sur vos épaules le poids de la fin d’un monde. Réjouissez-vous de ce qui a été vécu – ça valait la peine! Et imaginez demain avec confiance.
3 - Surtout, rappelez-vous que sur les ruines d’un monastère, de nouveaux projets peuvent jaillir. Que depuis Pâques, le Christ utilise nos deuils pour se donner. Et que la fécondité de nos vies peut très largement dépasser la période de notre passage ici-bas…

Vincent DELCORPS

Catégorie : En dialogue

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