Dans ses vœux pour la fête de Noël, le Cardinal De Kesel souligne les défis de notre époque : lutte contre la pandémie, soutien face à la pauvreté, solidarité… "Nous avons besoin les uns des autres, nous sommes responsables les uns des autres."

© Bahnmüller
Chers amis,
Cette année encore nous ne pourrons pas fêter Noël comme d’habitude. La pandémie répandue dans tout l’univers n’est toujours pas sous contrôle. Il est vrai que beaucoup a été fait et que des vaccins ont rapidement été trouvés. Mais le virus n’a pas disparu. Cela demande toujours de notre part à tous un très grand sens des responsabilités, non seulement à notre égard mais aussi et surtout à l’égard des autres.

Il n’y a pas que la menace de la pandémie ; il y a aussi la menace de la pauvreté. Des études montrent qu’elle augmente partout dans le monde y compris dans notre pays. De trop grandes inégalités entre les gens compromettent la paix sociale. Il n’est pas bon que des gens aient l’impression de ne pas être écoutés et de ne compter pour rien.
La migration est également un sérieux défi pour notre société. Elle émeut beaucoup de cœurs. Ainsi ce qui s’est passé récemment à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne est stupéfiant. La limite entre la légalité et l’humanité n’est pas toujours très claire même en Europe comme aussi chez nous.
Le réchauffement de la planète doit être pris au sérieux
Les inondations dans la région de Liège et ailleurs en Wallonie au cours de cet été restent gravées dans notre mémoire. C’est comme pour la pandémie : nous savions que cela pouvait se passer ailleurs mais pas ici. Les dégâts sont énormes, du jamais vu chez nous. Mais en réponse à ce drame, on a vu apparaître une grande solidarité. Cela a fait chaud au cœur. Cette catastrophe a montré une fois de plus combien le réchauffement de la terre doit être pris au sérieux. Nous ne sommes pas seulement responsables les uns des autres mais aussi de la terre entière, notre maison commune. Après la conférence de Paris sur le climat, celle de Glasgow en novembre dernier a fait un pas en avant ; mais elle a aussi montré de façon poignante combien il est difficile de parvenir à un engagement ferme et commun. Elle a surtout appris à bien comprendre que ce combat est en même temps un combat contre la pauvreté croissante.
Comme l’écrit le Pape François dans son encyclique « Laudato si » : le cri de la terre est aussi le cri des pauvres.
Cardinal Jozef De Kesel

Si j’évoque tous ces grands défis devant lesquels nous nous trouvons aujourd’hui, ce n’est pas pour donner une image négative de notre époque. Car beaucoup sont conscients que l’on ne peut pas rester des spectateurs passifs, rester indifférents, que la liberté ne peut être réduite à ma liberté individuelle. Personne ne vit uniquement pour soi-même. Nous avons besoin les uns des autres, nous sommes responsables les uns des autres. C’est précisément cette prise de conscience là qui peut nous aider à bien célébrer Noël. Elle nous remet en effet en mémoire que Dieu est venu vers nous, qu’Il n’est pas indifférent mais tellement solidaire qu’Il est devenu homme comme nous. Nous Lui sommes à ce point chers.
Dieu a partagé notre condition fragile et nous a montré qui Il était et quelles étaient ses intentions. Non pas de la manière à laquelle nous nous serions attendus spontanément de sa part. Il l’a fait sous la forme d’un enfant, d’un étranger qui n’est pas accepté. Nous ne pouvons pas construire des murs et fermer nos portes, sinon le risque est grand qu’il fasse frais et même froid. Un monde dur, chacun pour soi, indifférent à ceux qui sont en dehors. Tout comme les bergers allons avec un cœur grand et largement ouvert vers l’Enfant et reconnaissons en toute simplicité : ici se trouve notre salut.
Sainte fête de Noël !
+Jozef Cardinal De Kesel
Archevêque de Malines-Bruxelles
(Titre et intertitres de la rédaction Cathobel)

