Le président turc Recep Tayyip Erdoğan, cherche du soutien pour les opérations militaires de son pays au nord de la Syrie auprès des minorités religieuses en Turquie… En vain.
Le bureau chargé de la communication du président turc a envoyé aux communautés religieuses minoritaires du pays une demande de souscrire un document de soutien inconditionnel au gouvernement et à l’armée turcs alors que se poursuivent les opérations militaires turques dans la province syrienne d’Idlib au nord-ouest et dans la Haute-Djézireh au nord-est. L’hebdomadaire bilingue arméno-turque Agos a pu mettre la main sur le document et l’a publié à Istanbul. Le texte à signer envoyé aux fondations des minorités religieuses, contenait la phrase suivante : « Nous affirmons face au monde que nous continuerons à soutenir notre gouvernement et notre armée alors qu’ils s’efforcent de maintenir la paix dans la région et que, si nécessaire, nous combattrons à leurs côtés. »
Disparus
Il est évident que personne n’a voulu signer ce document. Au contraire, certaines instances chrétiennes ont profité de l’occasion pour dénoncer subtilement que l’Etat turc détient depuis longtemps plusieurs de leurs biens.
Par ailleurs, un couple de chrétiens (photo) - les parents du prêtre chaldéen Remzi Diril - avaient disparu de leur village de Meer dans le Hakkâri il y a plus de deux mois. La dépouille mortelle de la maman, Șimoni, vient d'être retrouvée dans un petit ruisseau des environs. Personne ne sait si le papa du prêtre, Hourmouz Diril, est encore en vie. Enfin, le moine-prêtre Aho Sefer Bileçen du monastère assyrien de Mor Yacoub dans le Tur’Abdin, qui avait été arrêté pendant quelques jours mi-janvier, reste accusé d’avoir donné à manger à un présumé combattant du parti révolutionnaire kurde PKK. Son procès était prévu pour le 19 mars mais a été reporté.
Diplomatie
Entretemps, des efforts diplomatiques se poursuivent pour renforcer le cessez-le-feu précaire à Idlib convenu entre les présidents turc Erdoğan et russe Poutine. Mardi dernier encore, Erdoğan s’est entretenu par vidéo-conférence avec son homologue français Emmanuel Macron, la Chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson.
Benoit Lannoo

