Séismes au Venezuela: l’AED au secours de l’Eglise locale


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Séismes au Venezuela: l’AED au secours de l’Eglise locale
Séismes au Venezuela, Église de Saint-Sébastien, Maiquetía, juin 2026 ©ACN/AED
Par Manu Van Lier
Journaliste de CathoBel
Publié le
3 min

Après deux séismes dévastateurs qui ont frappé le Venezuela le 24 juin, laissant derrière eux de très nombreux morts, blessés et disparus, l’organisation catholique Aide à l’Église en Détresse (AED) se mobilise. En prenant part aux secours d’urgence, l’Eglise locale s’impose comme un refuge vital pour des milliers de sinistrés.

Le 24 juin, en l’espace de moins d’une minute, deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 deux puissants séismes ont plongé le pays dans le chaos. Le bilan provisoire est lourd : au moins 235 morts, plus de 4 300 blessés et des dizaines de milliers de personnes toujours portées disparues.

Les dégâts matériels sont considérables. Habitations, infrastructures et édifices religieux ont été durement touchés. À Caracas comme dans la région côtière de La Guaira, plusieurs églises se sont effondrées ou présentent des dommages graves. Ironie tragique : ces lieux meurtris sont aujourd’hui devenus des abris d’urgence pour des familles qui n’osent plus rentrer chez elles.

Face à l’ampleur de la catastrophe, Aide à l’Église en Détresse a réagi immédiatement, débloquant une aide d’urgence de 100 000 euros. Objectif : soutenir l’Église locale dans sa mission d’accueil, d’accompagnement et de réconfort.

Des témoignages poignants au cœur du drame

Sur le terrain, les récits des prêtres et évêques révèlent l’intensité du drame humain en cours. L’archevêque de Caracas, Mgr Raúl Biord Castillo, décrit des scènes de destruction : « à Ñauralí, le toit de la nef droite s’est effondré. À Pagüita, l’église et le presbytère se sont entièrement effondrés. Le prêtre a miraculeusement survécu. »

À La Guaira, l’évêque Pablo González Pérez témoigne d’une situation critique : « nous n’avons plus d’électricité. Plusieurs murs se sont effondrés dans le séminaire. Nous sommes actuellement à l’extérieur, sur le parking d’un stade… Deux bâtiments en face de nous se sont complètement effondrés. »

La catastrophe est aussi profondément personnelle. Un prêtre de La Guaira, engagé auprès de ses fidèles, vit l’épreuve dans sa propre chair : « plusieurs membres de ma famille sont toujours portés disparus, dont ma nièce de trois ans. Je réconforte les gens, mais je partage leur peur. »

Église de San José de Ñaraulí, Caracas, juin 2026 © ACN/AED

L’Église, refuge vivant et signe d’espérance

Malgré les destructions, l’Église reste debout. Partout, les paroisses ouvrent leurs portes et Caritas coordonne les secours. La mission est claire : accueillir, écouter, soutenir. À Petare, le père Ignatio Caleya a vécu un moment saisissant. Alors qu’il célébrait la Messe, la terre a commencé à trembler : "tout le monde s’est précipité dehors… mais nous avons continué la célébration à l’extérieur." Ce moment de panique s’est transformé en un puissant instant de communion. Des habitants en fuite et même des patients d’un hôpital voisin ont rejoint la célébration. "Ce qui avait commencé par la peur est devenu un moment d’unité et de prière", raconte le prêtre. Pour AED, cette présence est essentielle. Comme le souligne Luis Vildoso, responsable de projet : "L’Église reste auprès du peuple : elle réconforte les endeuillés, accompagne les familles et ouvre ses portes à ceux qui ont tout perdu."

Aide d’urgence à Petare, Caracas, juin 2026 © ACN/AED

Une mobilisation urgente, entre aide et prière

Au-delà de l’aide financière immédiate, AED prépare déjà la phase de reconstruction. L’enjeu est de permettre à l’Église de continuer sa mission dans la durée. L’organisation lance aussi un appel mondial à la prière. Car la réalité reste encore difficile à cerner : coupures d’électricité et communications perturbées empêchent d’évaluer pleinement l’ampleur de la catastrophe. Mgr Biord le rappelle, le bilan aurait pu être bien pire : "heureusement, la catastrophe a eu lieu un jour férié. Sinon, il y aurait eu beaucoup plus de victimes." Dans ce pays à nouveau éprouvé, l’Église demeure un pilier : un lieu de refuge, de solidarité et d’espérance, au cœur des ruines.

Source: Aide à l'Eglise en Détresse

Pour soutenir l'aide d'urgence à l'Eglise locale, l'AED appelle aux dons.

Catégorie : International

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