Union européenne : « Libérez nos journalistes ! »


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Union européenne : « Libérez nos journalistes ! »
Par Sophie Delhalle
Publié le - Modifié le
3 min

Ce mercredi matin, Jean-Claude Juncker a prononcé son très attendu discours annuel sur l'état de l'Union. Il y déroule sa vision pour l'avenir de l'Europe et développe surtout les dossiers économique et financier.

Parmi les nouveautés, Jean-Claude Juncker propose de fusionner son poste avec celui de Donald Tusk, le président du Conseil européen, pour que l'efficacité européenne gagne encore en force. "Le paysage européen serait plus lisible et plus compréhensible si le navire européen était piloté par un seul capitaine", a-t-il affirmé devant les eurodéputés réunis à Strasbourg.

Dans son programme, Juncker plaide pour la nomination d'un "super" ministre européen des Finances et de l'Economie. Ce dernier serait à la fois commissaire européen de l'Economie et des Finances et président de l'Eurogroupe (assemblé des 19 ministres de Finances des pays de la zone euro).

Juncker défend également l'idée d'une autorité commune de l'UE sur le dossier des travailleurs détachés afin de lutter contre le dumping social. "Dans une Union entre égaux, il ne peut y avoir (...) de travailleurs de deuxième classe. Ceux qui effectuent le même travail au même endroit doivent pouvoir obtenir le même salaire", a notamment déclaré le président.

Enfin, Jean-Claude Juncker a fait la promotion d'un cadre européen sur le contrôle des investissements étrangers dans l'Union européenne. Cette mesure viserait à protéger les secteurs stratégiques et répond notamment aux inquiétudes sur les acquisitions chinoises. Soutenue par la France, l'Allemagne et l'Italie, cette idée ne fait cependant pas l'unanimité. Le Portugal, la Grèce et l'Espagne craignent qu'une telle mesure n'entrave les investissements étrangers chez eux, dont leurs économies ont grand besoin. Les pays nordiques se montrent également réticents car attachés à l'ouverture des marchés.

M. Juncker veut aussi renforcer le "programme commercial" de l'UE et prône la réciprocité. "Il faudra que nous obtenions autant que ce que nous donnons", affirme-t-il.

Loup Bureau, retenu prisonnier depuis le 26 juillet 2017

Mais, à n'en pas douter, ce que l'on retiendra surtout de ce discours, c'est l'appel lancé aux autorités turques: "J'adresse aujourd'hui un appel aux responsables en Turquie, libérez nos journalistes et pas seulement les nôtres, cessez d'insulter nos Etats-membres, nos chefs d'Etat et de gouvernement en les traitant de fascistes et de nazis." Cet appel intervient alors que Loup Bureau, étudiant français à l'IHECS et journaliste indépendant, est détenu en Turquie depuis cinquante jours. 150 autres journalistes sont actuellement retenus prisonniers dans ce pays qui continue de défendre son adhésion à l'Union. Pour M. Juncker, Ankara s’éloigne «à pas de géant» de l’Union européenne.

Dans le classement 2017 établi par Reporters sans Frontières sur la liberté de la presse, la Turquie occupe la 155e place sur 180. C'est dire. Elle a même rétrogradé de quatre places en 2016, conséquence de l'instauration de l'état d'urgence au mois de juillet. Reporters sans Frontières sensibilise régulièrement l'opinion publique au sort des journalistes turcs. Fin mai 2017, RSF lançait une nouvelle campagne baptisée #SaveTurkishJournalists; l'artiste de rue C215 a réalisé les portraits en pochoirs de dix d’entre eux sur du mobilier urbain dans plusieurs arrondissements de Paris.

SD


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