La semaine de la mobilité qui vient de s’achever l’a montré à renfort d’annonces et de slogans: un changement de mentalité s’est opéré dans la population davantage soucieuse d’environnement. Il n’est qu’à voir le nombre croissant de cyclistes en ville qui étaient encore considérés, il y a 20 ans, comme de gentils illuminés, pacifistes voire bohèmes. Des bobos, quoi. Aujourd’hui, les déplacements à vélo représentent une alternative crédible face à l’inertie des transports en commun et l’engorgement des routes. Si la situation a réellement évolué sous la pression des citoyens, il n’en demeure pas moins que les habitants des campagnes restent les parents pauvres de l’offre en matière de transports en commun. La suppression des lignes de chemin de fer régionales a condamné les campagnards à l’usage quasi exclusif de la voiture individuelle…
Les solutions de remplacement sont encore souvent à l’état de balbutiement. Ainsi, le nombre de bus mis à la disposition des élèves aux heures de pointe reste-t-il insuffisant. Pressés comme des sardines, les navetteurs peinent à trouver une place assise. Du côté des chemins de fer, le constat est similaire. La situation se corse encore lorsqu’il faut jongler entre deux bus, deux trains, un bus et un train… Le retard de l’un ou de l’autre donne lieu à des admonestations en tout genre et des notes dans les journaux de classe pour les plus jeunes.
Il importe désormais d’envisager les déplacements dans leur globalité, en favorisant des parkings de dissuasion, près des sorties d’autoroute par exemple, ou en augmentant le nombre de places de stationnement gratuit aux alentours des gares. Trop souvent, la vision de la mobilité est limitée aux centres-villes. Or il serait illusoire d’imaginer tous les habitants de Belgique colonisant les lieux urbains, faute de quoi nous assisterions à une désertification des zones rurales. Derrière les enjeux de la mobilité se cache une réflexion sociétale. Est-il préférable de contraindre tous les citoyens au même cadre de vie? Le débat est loin d’être clos.
Angélique TASIAUX
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