Interconvictionnel : Sant’Egidio réunit une trentaine de responsables religieux à Bruxelles


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Interconvictionnel : Sant’Egidio réunit une trentaine de responsables religieux à Bruxelles
Par Pierre Granier
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
3 min

Interfaith_Harmony_Breakfast_Comunita_SantEgidio_Bruxelles_2016Durant la première semaine de février, a lieu "l’Interfaith Harmony Week", une initiative lancée par le Roi Abdullah II de Jordanie et soutenue par les Nations Unies. De nombreuses réunions ont ainsi eu lieu partout dans le monde afin de promouvoir le dialogue et la rencontre entre les religions. En Belgique, deux matinées furent ainsi organisées par Sant’Egidio, à Bruxelles et à Liège.

Lundi dernier, plus de 30 leaders religieux de Belgique et d’Europe se sont retrouvés à l’hôtel Le Plaza, à Bruxelles, pour un Interfaith Harmony Breakfast. Pendant cette rencontre, ils ont discuté des défis actuels du terrorisme, de l’arrivée des migrants en Europe, du vivre ensemble et de l’éducation des jeunes générations.
A l’invitation de la Communauté de Sant’Egidio, le Grand Rabbin Albert Guigui, l’archevêque de Malines-Bruxelles Jozef De Kesel, le président du Conseil des Ouléma marocains, Tahar Toujgani et le Métropolite Athenagoras du Patriarcat œcuménique de Constantinople étaient présents aux côtés du Premier Vice-Président de la Commission européenne, Frans Timmermans, et du Ministre belge de la Justice, Koen Geens.
Dans son introduction, Hilde Kieboom, vice-présidente de Sant’Egidio, a rappelé l’importance de renforcer le dialogue et trouver la force positive et constructive des religions pour développer un monde plus humain. Elle a souligné trois signes du temps qui vont dans le sens du dialogue interreligieux: le futur concile pan-orthodoxe qui se tiendra en Crète en juin prochain, la déclaration de Marrakech soutenue par 250 leaders musulmans rappelant le rôle des minorités dans les pays à majorité musulmane et l’obligation de les protéger, ainsi que la considération donnée au dialogue entre les religions dans le cadre du Jubilé de la miséricorde inauguré par le pape François.
Le Vice-Président de la Commission, Frans Timmermans (photo), a souligné combien ce dialogue est essentiel lorsqu’il ne se limite pas à un échange de gentillesses, mais qu’il laisse la place aux désaccords, à une confrontation d’où peuvent naître des solutions.

L'importance de l'éducation religieuse face à la radicalisation

Le défi de la radicalisation des jeunes et la responsabilité des religions vis-à-vis de celle-ci ont été au centre de la discussion. Le Ministre Koen Geens a souligné l’importance de l’éducation religieuse et philosophique des jeunes dans la construction d’une identité qui ne craint pas l’autre, rappelant que la radicalisation violente n’est pas propre à l’islam. Cette radicalisation, comme l’ont souligné d’autres participants, est un phénomène qui a de multiples facettes, dont font partie l’absence d’éducation religieuse, l’expérience de la discrimination et la soif d’idéaux. La participation passe principalement via internet, mais elle peut être stoppée.
Parmi les propositions concrètes, des participants ont accentué l’importance de garder les heures de religion pour pallier cette méconnaissance et créer 'une police d’internet', pour empêcher la radicalisation des jeunes via le web, à l’image de ce qui s’est fait pour contrer la pédophilie sur le net.
Dans le combat qui se joue actuellement pour les cœurs et les raisons des jeunes, les leaders religieux sont parfois trop timorés. Ils doivent être plus attractifs, tout en travaillant à la construction d’une identité inclusive. Construire ensemble la paix, pour une Europe accueillante, pluraliste et ouverte. Car la vraie paix se trouve dans la complémentarité.

Un petit-déjeuner a aussi eu lieu à Liège, toujours à l’initiative de Sant’Egidio. Des représentants religieux chrétiens, musulmans et juifs ont échangé sur l’importance de désamorcer la violence qui se trouve en chacun et d’éviter toute instrumentalisation des religions. Le Gouverneur de la Province de Liège, Hervé Jamar, est revenu sur le rôle des autorités publiques à s’engager dans le dialogue entre religions et convictions. Pour concrétiser son discours, il a invité tous les participants à se retrouver pour une rencontre au Palais provincial.

 

 


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