Ce lundi soir, 25 janvier 2016, le pape François a présidé une longue célébration œcuménique en la basilique de Saint-Paul-Hors-les-Murs, à Rome, en conclusion de la semaine de prière pour l'unité des chrétiens.
Le pape a traversé la Porte Sainte (ouverte officiellement le 13 décembre dernier) avec le métropolite Gennadios, représentant du Patriarcat œcuménique de Constantinople, et avec Sir David Moxon, évêque anglican néo-zélandais, représentant personnel à Rome de l’archevêque de Canterbury. Par ce geste, il s'agissait de "rappeler que l’unique porte qui nous conduit au salut est Jésus-Christ notre Seigneur, le visage miséricordieux du Père".
Dans son homélie, en ce jour de la fête de la conversion de saint Paul, François s’est appuyé sur l’expérience de ce dernier, sur le chemin de Damas, pour rappeler que ce bouleversement "n’était pas d’abord un changement moral, mais une expérience transformante de la grâce de Dieu, et en même temps l’appel à une nouvelle mission, celle d’annoncer à tous ce Jésus qu’avant il persécutait en persécutant ses disciples".
"Pour les premiers chrétiens, comme aujourd’hui pour nous tous, baptisés, c’est un motif de réconfort et de constante stupeur de se savoir choisis pour faire partie du dessein de salut de Dieu, acté en Jésus-Christ et dans l’Eglise", a rappelé le pape. Tout repose donc sur l’appel de Dieu: "Nous pouvons progresser sur la voie de la pleine communion visible entre les chrétiens, pas seulement quand nous nous rapprochons les uns des autres, mais surtout dans la mesure à laquelle nous nous convertissons au Seigneur, qui par sa grâce nous choisit et nous appelle à être ses disciples".
"L’unité se fait en chemin", a également lancé le Saint-Père en sortant de son texte, en appelant les chrétiens des différentes Eglises à oeuvrer ensemble à la diffusion de l’Evangile.
Un appel au pardon et à la miséricorde
François a aussi voulu situer ce temps de prière dans la démarche du jubilé de la miséricorde, et ainsi dans une demande de pardon, utilisant des termes proches de ceux utilisés par saint Jean-Paul II lors du Jubilé de l'an 2000: "comme évêque de Rome et pasteur de l’Eglise catholique, je veux invoquer miséricorde et pardon pour les comportements non évangéliques tenus de la part de catholiques dans les confrontations avec des chrétiens d’autres Eglises", a-t-il dit. "Dans le même temps, j’invite tous les frères et sœurs catholiques à pardonner si, aujourd’hui ou dans le passé, ils ont subi des offenses d’autres chrétiens. Nous ne pouvons pas annuler ce qui s’est passé, mais nous ne voulons pas permettre que le poids des fautes passées continue à falsifier nos rapports. La miséricorde de Dieu renouvellera nos relations."
Après ces paroles très fortes, le pape a aussi évoqué les martyrs communs aux différentes communautés chrétiennes: "Ici, devant la tombe de saint Pierre, apôtre et martyr, (…) nous sentons que notre humble requête est soutenue par l’intercession de la multitude des martyrs chrétiens d’hier et d’aujourd’hui. Ils ont répondu avec générosité à l’appel du Seigneur, ils ont donné un témoignage fidèle, avec leur vie, des œuvres merveilleuses que Dieu a accomplies pour nous, et expérimentent déjà la pleine communion à la présence de Dieu le Père". Un exemple qui manifeste "l’œcuménisme du sang", a exprimé François sortantde son texte pour reprendre une expression qu’il utilise régulièrement.
Dans un geste improvisé, à la fin de la célébration, le pape a demandé aux deux représentants des Eglises sœurs de venir à ses côtés pour qu’ils puissent donner, ensemble, la bénédiction finale.
Source: Radio Vatican
Photo: Icône des saints Pierre et Paul

