Il ne suffit pas de constater les lacunes de notre enseignement. Cela a déjà été fait à maintes reprises, les tests internationaux, tels PISA (le Programme International pour le Suivi des Acquis des élèves), le soulignant allègrement. Il est plus intéressant de proposer des pistes concrètes pour faire bouger la situation. A fortiori la semaine qui précède les élections.
Les professionnels de l'enseignement et des entreprises ont conjugué leurs forces pour établir un mémorandum commun des bonnes pratiques à valoriser. Un projet piloté par la Fondation pour l'enseignement qui a été créé en juin 2013, à l'initiative de l'ensemble des fédérations des pouvoirs organisateurs de l'enseignement obligatoire en Fédération Wallonie-Bruxelles et des fédérations des entreprises installées à Bruxelles et en Wallonie.
Davantage de souplesse
Dans ce mémorandum, tout est passé en revue: de la démotivation des enseignants (pas moins de 50% d'entre eux quittent l'enseignement lors des cinq premières années d'exercice du métier) au "déficit à l’orientation des élèves". Une connaissance accrue du terrain professionnel leur semble la panacée, avec notamment une immersion via des stages en entreprises ou des formations en alternance. "Au-delà, les échanges de bonnes pratiques entre l’école et l’entreprise contribuent à faire émerger de nouvelles façons d’appréhender l’apprentissage (entre autres en systématisant la mise en pratique et l’apprentissage par l’expérimentation…). Pour innover, il faut assouplir le cadre réglementaire (encadrement et fonctionnement), afin d’expérimenter les innovations dans des conditions réelles."
Même constat en ce qui concerne la lutte contre l'échec scolaire. Des initiatives ont déjà été mises en place pour lutter contre l'échec scolaire. Il est indispensable d'en tirer les conclusions et que "le système soit aménagé pour permettre aux écoles de prendre les initiatives qui correspondent aux besoins identifiés dans leur situation particulière". Car "beaucoup d’écoles ont déjà progressé ou n’ont pas de besoins comparables à certaines écoles en difficulté. Rien ne sert de proposer des réformes indifférenciées." Il convient de privilégier des démarches différentes, qui soient en lien avec la réalité locale des institutions.
Et demain?
La Fondation pour l'Enseignement ne se contente pas d'entériner des constats. Elle entend soutenir les initiatives qui promeuvent une étroite collaboration entre entreprises et enseignement, le développement de nouveaux stages et les directions d'écoles… Tant de manières de susciter de nouvelles vocations!
Angélique TASIAUX

