La SNCB a décidé d’apporter quelques modifications à son plan « grand froid » depuis que des sans-abri fréquentent les établissements de neuf gares belges.
Depuis le début du mois de décembre, la SNCB s’en est pris aux sans-abri en modifiant son plan "grand froid". Dans neuf gares du pays, les SDF sont confrontés à des règles très strictes sous peine d’exclusion de la part de la SNCB.
Après 5 heures de " nuit", prière de "dégager"
La gare des Guillemins à Liège n’a pas été épargnée par ces nouvelles mesures draconiennes. Les sans-abri qui y dorment la nuit doivent désormais se présenter entre 23h45 et minuit pour avoir le droit de squatter les emplacements de parking qui leur sont réservés. Un parking intérieur peut-être, sauf que les places réservées aux démunis se trouvent juste en face des grilles de ventilation qui rejettent de l’air froid. "J’essaye de me coincer entre deux grilles, devant le mur," a confié une SDF à la rédaction Le Soir. " À 5 heures, un garde vient nous réveiller. Les sympas disent : «Bonjour !», d’autres crient : «Debout, là-dedans !» Nous avons 10 minutes pour rassembler nos affaires et dégager. Alors on se promène dans la gare. Parfois, on essaye de se recoucher ailleurs pour dormir encore un peu, mais nous nous faisons jeter", poursuit-elle.
Les Sentinelles de la nuit, une association qui vient en aide aux plus démunis, connaissent bien les « habitués » de la gare de Guillemins. Ils apportent leur soutien aux sans-abri en leur servant un repas et en leur distribuant quelques affaires essentielles à leur survie : rasoir, couverture, croquettes pour chien, savon… "Il y a d’habitude une dizaine de sans-abris ici à la gare, qui dorment dans la galerie, chacun dans une encoche au bas des escalators à l’abri des courants d’air," a expliqué Chantal Degée, membre de l’asbl Les Sentinelles de la nuit. Mais depuis bientôt un mois, c’est dans le parking que a SNCB a confinés les sans-abri. "D’habitude, ils n’allaient pas dans le parking ! Mais là, ils n’étaient plus «tolérés» dans la gare même".
Quid de la solidarité sur les territoires de la SNCB ?
Et la SNCB ne s’est pas arrêtée là. "Un agent de Securail nous a dit que nous ne pouvions plus discuter avec les sans-abris, ni même leur donner à manger dans le couloir de la gare. Nous pouvions juste rester dehors, sur l’esplanade, et encore, à 25 mètres de l’entrée, où ce n’est plus le territoire de la SNCB", a poursuivi Chantal.
La SNCB ne joue pas sur les mots. Pour contrôler que ses nouvelles règles soient bien respectées, non seulement des agents font la garde mais en plus les moindres faits et gestes sont enregistrés au moyen d’une caméra de surveillance. Interdiction de fumer, boire et de consommer de la drogue. Un faux pas de la part des exclus et ce sera…l’exclusion.
S.T. (avec Le Soir)
