Une mère de famille qui étrangle sa fille et découpe son corps en morceaux. Les faits sont abominables. Incontestablement. Mais l'interprétation que l'on peut faire d'un tel geste laisse sans voix, certains juristes n'hésitant pas à qualifier ce type d'assassinat de meurtre "altruiste". Comme si un meurtre pouvait se justifier par un dévouement idéaliste. Mais, qui sommes-nous pour décider de la valeur de la vie d'autrui ? Un excès d'orgueil et d'autorité transparaît dans la décision d'ôter la vie, que ce soit sous prétexte de protéger par amour sa victime.
Les parents ne sont pas des démiurges. Même et surtout vis-à-vis de leurs enfants. En donnant la vie, une maman doit accepter ne pas avoir de prise sur celle-ci. La vie est un don. Quel qu'en soit le prix.
La confusion entre l'altruisme et l'égoïsme laisse pantois. C'est en s'attachant excessivement à ses propres intérêts qu'un individu en arrive à poser des actes meurtriers. Catégoriser un assassinat avec l'étiquette valorisante de l'altruisme relève probablement d'une technique de défense et d'une tentative de déculpabilisation auprès de l'opinion publique. Or l'altruisme repose par essence sur le bien de l'autre, quitte à s'effacer soi-même… Que les juristes trouvent donc d'autres adjectifs pour qualifier de telles atrocités.
Angélique Tasiaux

