Humainement intolérable


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Humainement intolérable
Par Jean-Jacques Durré
Publié le - Modifié le
2 min

130x142xJJD.jpg,Mic_.qU5pgXZdDV.jpg.pagespeed.ce.qU5pgXZdDVCes derniers jours ont été sombres sur le plan social en Belgique. L’annonce de la fermeture de l’usine Caterpillar de Gosselies, entraînant la perte de près de 2.200 emplois directs, auxquels il faudra ajouter les pertes d’emplois indirectes (on parle de 6.000 postes de travail menacés) a ébranlé le pays à la veille du week-end dernier. Et lundi, c’est le groupe d’assurances Axa qui a annoncé la suppression de 650 emplois d’ici deux ans. Il n’est pas exagéré de parler de "désastre". A l’heure, où l’on espérait que l’embellie sur le marché du travail, constatée depuis quelques mois, allait se poursuivre, c’est la douche froide.

La première chose qui vient à l’esprit, c’est que derrière ces chiffres, il y a des réalités humaines. Des familles qui s’inquiètent pour leur avenir professionnel, mais aussi financier. Combien sont-ils à avoir des crédits hypothécaires à rembourser, des études à payer? Pensons à ces personnes qui, vendredi et lundi derniers, sont rentrées chez elles, le cœur lourd.

Le deuxième sentiment qui prévaut, c’est la manière d’opérer de la direction de ces entreprises. Brutale. Qu’on ne se méprenne pas: pour vivre, une entreprise se doit d’être rentable. Cette rentabilité permet de se développer et de créer des emplois. Mais, lorsque le savoir-faire et la qualification sont balayés d’un revers de la main, pour délocaliser là où cela coûte moins cher, c’est humainement intolérable. Qu’importe finalement que les résultats soient un peu moins bons que prévus. Bien sûr, il ne faut pas mettre en péril un projet industriel, quel qu’il soit, au nom de la solidarité. Mais traiter les travailleurs avec respect fait aussi la grandeur d’un patron. Comprenons aussi que ce dernier ne licencie pas de gaité de cœur. Toutefois, dans le cas de Caterpillar, la décision laisse pantois. Le pape François martèle régulièrement qu’il faut remettre l’humain au centre des préoccupations, au centre des entreprises. Que cet humain doit être la priorité. Il serait temps de l’écouter et de passer aux actes. Sinon, nous vivrons dans un monde égoïste où le chacun pour soi sera maître.

Jean-Jacques Durré
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