Cette année des 500 ans de naissance de Thérèse d’Avila donne l’occasion à de nombreux chrétiens de découvrir la personnalité de cette femme, docteur de l’Eglise. Nous avons rencontré Vinciane Willocx qui, au sein des Pèlerins danseurs, a participé au spectacle d’ouverture de l’année jubilaire: "je n’avais pas eu l’occasion et le courage de lire des textes de Sainte Thérèse d’Avila avant ce spectacle. Ici, nous avons travaillé sur son livre "Les demeures". J’ai pu constater que c’était une femme qui priait avec son corps, à l’image de la démarche que nous faisons aux Pèlerins danseurs. Le geste le plus représentatif de Thérèse consiste à partir du creux de soi et de supplier Dieu de venir agir en moi."
Ce spectacle consacré à la sainte d’Avila était incité par l’institution thérésienne, cette association de laïcs qui s’inspire de la spiritualité de Thérèse. La même institution multiplie depuis le mois d’octobre les occasions de faire un bout de chemin avec cette sainte. En mars, les chrétiens du Brabant wallon pouvaient par exemple, suivre une retraite autour du Carmel de Profondval à la lumière des écrits de Thérèse d’Avila. Pacifique Uwimana, jeune demandeuse d’emploi, a complètement changé d’avis sur cette sainte du 16e siècle dont elle avait "une image un peu austère". A raison d’un lundi soir par semaine au Carmel, et d’un temps de prière en s’inspirant des textes de Sainte Thérèse, Pacifique a appris à la connaître. "Dès le premier jour, en lisant les textes de Thérèse, je l’ai considérée comme une grande sœur, au sens spirituel. Elle me guide sur le chemin vers le Christ. Même si elle a vécu il y a cinq siècles, ses sujets restent actuels pour tout chrétien, pour tout être humain. Elle touche tous les aspects de notre vie: notre relation aux autres, à Dieu, les joies et les peines… Elle dit avec des mots très simples et des exemples concrets comment vivre tout cela. J’ai trouvé très belle l’image du "château intérieur": Thérèse compare notre âme à un château de cristal qui a plusieurs demeures. Au centre, vit le Christ. Tout le cheminement consiste à trouver le Christ en nous, sans nous laisser distraire par mille et une choses. Il n’y a pas de recettes toutes faites, chacun trouve son propre chemin."
De la couleur à la vie
Une autre participante à cette retraite de Carême, Marie-Christine Joassard, connaissait Sainte Thérèse d’Avila depuis l’adolescence: "Moi qui rêve de faire un pèlerinage vers Avila, sans être sûre de pouvoir le faire un jour, cette retraite représentait un petit pèlerinage que nous faisions ensemble." Marie-Christine Joassard, mère de famille et déjà grand-mère, a été marquée par la capacité de la sainte à gérer sa vie: "Malgré les difficultés, Thérèse d’Avila a gardé une confiance extraordinaire. Cette femme a souffert toute sa vie d’une maladie grave, ce qui ne l’a pas empêchée de créer quinze Carmels réformés en quinze ans, au milieu de nombreuses oppositions même au sein de l’Eglise. Elle refusait que ce soit ‘son’ œuvre, c’était l’œuvre de Dieu qui lui donnait une détermination extraordinaire pour faire le peu qu’elle faisait… qui était en fait, beaucoup! Elle a puisé son énergie dans la prière. Elle a écrit au même moment une œuvre prodigieuse qui reste très actuelle. Elle vivait également dans la contemplation, sans négliger la vie fraternelle. Ce côté hyperactif, elle le vivait dans une paix profonde et un détachement. Elle se disait que tout est donné, il suffit de vivre en Dieu, avec Dieu et pour Dieu."
Anne-Françoise de Beaudrap


