Qui ne connaît les modules, ces petits bonshommes colorés? Au mois de janvier a lieu la traditionnelle campagne des Iles de Paix. Cette année, l'association fête son demi centenaire et vise la récolte d'un million d'euros.
Christine Debray est responsable de la récolte des fonds et de la communication pour les Iles de Paix. Elle revient pour nous sur les spécificités de cette association née à Huy, le 14 janvier 1965.
En 50 ans, l'esprit fondateur des Iles de Paix n'a pas changé; la formation est toujours au centre de nos interventions. Cet accent est le gage de durabilité de celles-ci. Par exemple, l'accès à l'eau potable demande des réalisations physiques comme des forages. La pérennisation des ouvrages et de l'action d'Iles de Paix passe toujours par un volet important de formation. Dans le cas des forages, il s'agit de former les comités d'usagers, leur apprendre à maintenir ces installations, à collecter une petite redevance pour constituer une cagnotte afin de payer les pièces de rechange pour l'entretien des installations.
Des projets en cascade
L'association s'est déployée. Comme Iles de Paix reste maximum pendant dix ans dans une zone d'intervention de façon à ne pas créer de dépendance, on évolue, on va vers de nouveaux pays d'intervention ou de nouvelles zones d'intervention à l'intérieur des pays où nous sommes présents. Iles de Paix a toujours travaillé avec des équipes locales constituées de collaborateurs locaux, des Péruviens aux Pérou, etc. Nous travaillons de plus en plus en partenariat avec des associations locales, de façon à favoriser sur place l'émergence d'associations qui seront capables de reprendre en main le développement du futur. Chaque année, nos projets touchent de manière directe 250.000 personnes, qu'il s'agisse de programmes d'appui à la sécurité alimentaire, d'accès à l'eau potable ou à l'éducation.
Une nouveauté, le sac réutilisable
Certains nous reprochaient l'inutilité du module. Mais il faut savoir que le module est plutôt un reçu, un gage. On n'a pas été sourd aux demandes de certains qui réclamaient un autre objet. On a pensé au sac shopping en coton, qui permet d'éviter de gaspiller des sacs en plastique. Le sac reprend le slogan "Si je reçois un poisson, je mangerai un jour. Si j'apprends à pêcher, je mangerai toute ma vie."
Le père Pire, un acteur incontournable
La référence au père Pire est encore intéressante en 2015. Sa philosophie est toujours pertinente aujourd'hui. C'était un précurseur du développement durable. L'optique de responsabilisation des bénéficiaires est de notre temps. On vient faire du développement en construisant quelque chose ensemble.
Sensibiliser les Belges aux problématiques rencontrées par des populations lointaines et précarisées, voilà l'un des enjeux fondamentaux de la campagne annuelle. Oui, la solidarité est toujours d'actualité…
Angélique TASIAUX
Infos: www.ilesdepaix.org/ - compte BE97 0000 0000 4949
Retrouvez l'entièreté de l'article consacré aux Iles de Paix dans le journal "Dimanche", n°3.

