Ce vendredi 3 janvier, le député MR Alain Destexhe a présenté au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles son projet d'adapter la charte de la laïcité à l'école affichée dans toutes les écoles françaises depuis le mois de septembre. Celle-ci balise l'attitude que les établissements scolaires doivent adopter face à un certain nombre de phénomènes liés au religieux.
Parce que, d'après lui, "les problèmes rencontrés en France sont les mêmes qu'en Belgique", le député libéral Alain Destexhe a présenté, ce vendredi 3 janvier, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles son projet d'adapter la charte de la laïcité à l'école en vigueur chez nos voisins français depuis le mois de septembre dernier. Avec une différence notable, cependant: ce texte ne sera pas axé sur l'affirmation de la laïcité, mais sur celle de la neutralité de l'Etat propre à notre pays.
Le port de signes religieux interdit
Le député souhaiterait que cette charte, comptant quinze articles, soit affichée clairement dans l'ensemble des établissements de l'enseignement officiel et du libre non confessionnel et soit intégrée dans leur règlement d'ordre intérieur. Les pouvoirs organisateurs y sont invités à garantir le respect de "la liberté de conscience" de chacun, mais également à protéger les élèves "de tout prosélytisme et de toute pression qui les empêcheraient de faire leurs propres choix".
Ils ont également pour mission d'assurer "l’accès à une culture commune et partagée", tout en garantissant la liberté d’expression des élèves "dans la limite du bon fonctionnement de l’école", ainsi que l’égalité entre les filles et les garçons. Enfin, les PO doivent veiller à ce qu’aucun sujet ne soit "a priori exclu du questionnement scientifique" et interdire "le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse" .
Un audit sérieux sur la question
Alain Destexhe reproche aux deux ministres de l’Enseignement successifs, Marie-Dominique Simonet et Marie-Martine Schyns, de n'avoir rien fait pour objectiver les problèmes rencontrés dans les écoles. Réclamant un audit sérieux sur la question, il cite l’absentéisme à l’occasion de la fête musulmane de l’Aïd, le refus de la théorie de Darwin sur l’évolution et la montée du créationnisme, l’absentéisme dans les cours de gym et de natation ou lors des excursions scolaires pour les filles ou encore "l’impasse faite dans certaines écoles sur l’enseignement de la Shoah par peur des réactions antisémites alors que celui-ci au programme officiel". Il évoque aussi les pressions entre les élèves à l’occasion du ramadan.
Cette charte, explique-t-il, "permettrait aux enseignants de se référer à un texte précis et non au concept de neutralité, soumis à de multiples interprétations".
Interrogé par notre rédaction, le député libéral explique les objectifs de ce projet et à qui il s'adresse. Il réfute l'idée de stigmatiser une communauté ou une religion en particulier.
P. A./J.J.D
