« Soyons les gardiens de la création »


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« Soyons les gardiens de la création »
Par Angélique Tasiaux
Journaliste de CathoBel
Publié le - Modifié le
4 min

C'est le jour de la fête de saint Joseph que la messe inaugurale du pontificat du pape François a été célébrée, en présence de plus de 150.000 fidèles et des centaines de chefs d'Etat et de gouvernement. A cette occasion, le pape a insisté sur la nécessité impérieuse de protéger l’homme et la Création des "signes de destruction et de mort".

Dans son homélie, le nouveau pontife a insisté sur la dimension de "service" qu’implique le pouvoir, y compris celui du pape : "Je voudrais demander, s’il vous plaît, à tous ceux qui occupent des rôles de responsabilité dans le domaine économique, politique ou social, à tous les hommes et à toutes les femmes de bonne volonté. Soyons "gardiens" de la création, du dessein de Dieu inscrit dans la nature, gardiens de l’autre, de l’environnement", même si "à chaque époque de l’histoire, malheureusement, il y a des "Hérode" qui trament des desseins de mort, détruisent et défigurent le visage de l’homme et de la femme".

Appel universel

La "vocation de protéger", a expliqué le nouveau pontife, "ne nous concerne pas seulement nous les chrétiens, elle a une dimension qui précède et qui est simplement humaine, elle concerne tout le monde". Invoquant le récit de la création dans la Genèse et la beauté de la nature évoquée par saint François d’Assise, le pape a demandé du respect pour l’environnement.

Le pape François, qui débute officiellement son pontificat le jour de la fête liturgique de saint Joseph, auquel il est particulièrement attaché, s’est aussi longuement attardé sur les caractéristiques de l’époux de Marie, "patron de l’Eglise universelle". "C’est aussi la fête de mon vénéré prédécesseur, a-t-il souligné à propos de Benoît XVI, nous lui sommes proches par la prière, pleins d’affection et de reconnaissance".

Le pouvoir est "service"

Dressant un portrait de Joseph, le pape François a souhaité montrer qu’un pontife devait s’inspirer de son "service humble, concret, riche de foi". "N’oublions jamais que le pape aussi, pour exercer le pouvoir, doit entrer toujours plus dans ce service qui a son sommet lumineux sur la croix". Comme lui, a-t-il poursuivi, le pape "doit ouvrir ses bras pour garder tout le peuple de Dieu et accueillir avec affection et tendresse l’humanité tout entière, spécialement les plus pauvres, les plus faibles".

Le pape a également invité les fidèles à être attentifs aux sentiments des cœurs, car "c’est de là que sortent les intentions, bonnes et mauvaises". "Nous ne devons pas avoir peur de la bonté, a-t-il lancé, et même de la tendresse". S’en tenant au texte préparé pour l’occasion, le nouveau pontife n’a cependant pas manqué, au cours de son homélie, de marquer des inflexions significatives.

Prière sur le tombeau de saint Pierre

Peu avant le début de la messe, le nouveau pape avait tout d’abord prié sur la tombe de saint Pierre dans la basilique vaticane, sous l’autel de la Confession, aux côtés des 10 patriarches orientaux catholiques. Vêtu d’une simple chasuble blanche et coiffé d’une mitre basse, il est ensuite arrivé en procession sur le parvis de la basilique, précédé par les cardinaux et par un groupe de frères franciscains du sanctuaire de La Verna, appelé spécialement pour le service liturgique de cette messe. Puis le pape François a reçu les insignes du pouvoir pontifical, le pallium et l’anneau du pêcheur. Six cardinaux lui ont fait acte d’obéissance au nom de tous leurs confrères : Giovanni Battista Re, Tarcisio Bertone, Joachim Meisner, Jozef Tomko, Renato Martino et Francesco Marchisano.

Outre les nombreux responsables politiques présents, des représentants de diverses religions avaient également fait le déplacement jusqu’à Rome, dont le patriarche de Constantinople Bartholomée Ier et le président du Conseil œcuménique des Eglises le pasteur Olav Tveit. Au cours de cette messe solennelle, les intentions des fidèles ont notamment été lues en français, en arabe et en chinois.

Dans la foule présente place St-Pierre flottaient les drapeaux de nombreux pays : France, Roumanie, Brésil, Liban, Syrie et bien sûr Argentine, bien que le pape François ait demandé à ses compatriotes de ne pas entreprendre un voyage coûteux pour assister à cette célébration, mais de consacrer cet argent aux pauvres.

apic/at


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